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27/09/2014

Le Football Vrai, ça se joue aussi dans les tribunes. 1ère étape à Toulouse

Paul Cometto est un supporteur du Toulouse Football Club depuis toujours. Mais pas que …
Pendant quasiment 10 années, il a surtout été le « Capo » des « Indians » au Stadium de Toulouse.


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Alors comment se fait-il que tu ne sois plus « Capo » ?

Oui je ne le suis plus car je n’habite plus à Toulouse. J’ai arrêté même si de temps en temps je reviens. C’est plutôt le fait d’être parti travailler ailleurs qui m’a obligé à arrêter.

 

Est-ce que tu as un surnom ?

Non, tout le monde m’appelle Paul en fait, c’est aussi simple que ça.

 

Comment devient-on « Capo » ?

Oh, je ne sais pas. Pour ma part c’était en 2003. En fait c’est tout simple, le « Capo » ne pouvait pas être là, et on a commencé à proposer, pour savoir qui allait le faire. Le groupe n’était pas au Top à cette époque, ça se bousculait pas au portillon, et puis ça m’est plus ou moins tombé de dessus. On m’a demandé si je voulais le faire et j’ai dit OK. Je n’avais jamais réfléchi à ça. Et donc la 1ère fois je l‘ai fait sans trop y avoir pensé en fait.

 

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Peux-tu nous raconter ta première fois ?

La première fois c’était spécial d’ailleurs. Le virage était plein, on avait un gros bloc. Je me rappelle c’était un match contre Auxerre, et au bout de 20 minutes on perdait 3/0 à la maison. Autant te dire que tu sens le moment très très très long. T’es là, t’es devant tout le monde, les gens ne te connaissent pas. Moi j’avais 19 ans en plus, c’était assez compliqué oui.

 

Quelles sont les principales qualités que doit avoir un « Capo » ?

Il doit être légitime, à tous les niveaux. Il doit très bien connaître son club, son groupe et sa tribune, les moindres détails. Il doit avoir toute légitimité pour demander aux gens de suivre son groupe, et même aux gens du groupe de le suivre à lui. Après, voilà, il doit être au taquet tout le temps. Même si tu perds 4/0 il doit avoir quelque chose à dire, il ne doit pas baisser la tête et se ranger. Que ce soit positif ou négatif vis-à-vis du club, des joueurs ou de l’environnement c’est à lui d’être présent et de mener le groupe.

 

Quelle est la journée type d’un « Capo » ?

Il n’y a pas vraiment de journée type. Tu t’occupes des tifos. Après pour la journée type ça dépend des matchs aussi. Mais globalement, ce qui est sûr c’est qu’il faut arriver dans les premiers. Un « Capo » ne peut pas se permettre  d’arriver 5 minutes avant le coup d’envoi. Il faut avoir un œil un peu tout ce quoi se passe, sur son groupe.


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Après le match, grosso modo, je vais te dire des banalités mais c’est pareil. Le « Capo » ne va pas partir tout de suite, c’est lui et le noyau dur du groupe qui vont rester jusqu’à la fin. Il y a du matos à plier, à ranger. Tu en profites pour discuter, pour prendre le pouls de tout ce qu’il s’est passé. Tu vas boire un coup, tu finis au local, enfin bref … c’est presque comme une journée de travail.

Il y a un gros Avant et un gros Après.

 

Qu’apporte un « Capo » dans son baluchon ?

Son mégaphone ou  un micro, sinon il est à poil. Ou alors t’as intérêt à avoir la voix qui porte. Il lui faut son écharpe et c’est tout. Faut savoir voyager léger surtout pour aller à l’extérieur.

 

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Justement, tu es plutôt micro ou mégaphone ?

Moi je préfère le micro c’est clair. Après, le problème des mégaphones c’est, qu’est-ce qu’on en pète ! C’est incroyable, c’est vachement sensible surtout en déplacement. Le micro c’est beaucoup plus agréable parce que déjà on peut parler en étant plus audible. On est plus libre, ça pèse moins etc. La vraie différence entre un micro et un méga c’est qu’au micro tu te fais vraiment entendre dans toute la tribune. Et puis, si tu veux raconter une connerie c’est le truc parfait.

 

Qui choisit les chants ?

Ben le « Capo ». De toute façon il n’a pas le temps de demander l’avis aux autres. Il faut être extrêmement réactif, il ne faut pas qu’il y ait de blanc, et après les gens peuvent te demander des chants qu’on n’a pas fait. Mais globalement c’est à lui connaître par cœur. Il faut savoir répondre à chaque besoin. Tous les chants ne peuvent pas se substituer. Il y en a beaucoup qui doivent pouvoir répondre à un fait de match, un corner, une faute, si t’es mené, si le virage s’essouffle et qu’il chante de moins en moins fort. Voilà, le « Capo » doit être capable de varier ses chants en fonction de tout ça.

 

Comment cela se passe si le « Capo » ou le groupe de supporteurs décident de créer un nouveau chant ?

Le mieux c’est toujours de l’avertir avant mais il m’est déjà arrivé dans le passé d’en lancer un simple, comme ça, sans prévenir personne, et si tu y crois vraiment normalement ça marche. Si le truc est pertinent est que tu y crois à fond, les mecs vont te suivre !

 

Est-ce que tu te souviens d’un match où le stade était en ébullition ?

Oui, même plusieurs. Celui qui est vraiment important c’est le Toulouse-Bordeaux de 2007, dernière journée de championnat, on gagne 3/1 et on va en Ligue des Champions.

 

Et à l’inverse, tu te souviens d’un match où en lançant un chant tu as fait un gros bide ?

Non, à part le premier match où c’était vraiment difficile de passer 1h10 menés 3/0 devant des mecs qui sont tous plus vieux que toi, essayer de les faire chanter et essayer d’avoir un peu d’assurance, ça c’était pas facile. Ça, c’était vraiment une torture.

 

Tu te souviens d’un déplacement en particuliers ?

Celui qui a été vraiment cool pour nous c’est le déplacement à Liverpool. On était 600/700 toulousains en tout, notre groupe on était 150. Ça a été un grand moment de n’importe quoi pendant 3 jours. Et là-bas, on a quand même aligné Mohamed Fofana, Nicolas Dieuze et Pantxi Siriex sur le terrain. Bon, on a pris 4/0. En fait, on n’en avait rien à foutre puisqu’on savait qu’on allait y passer donc, ça ne changeait rien pour nous, les supporteurs. On était venus à Liverpool pour kiffer, pour retourner le truc. On avait chanté à bloc du début à la fin et en fait les mecs de Liverpool ils avaient halluciné. On a eu une standing ovation des deux tribunes à côté de nous à la fin du match. Les mecs ils nous balançaient des écharpes. C’était chaud !


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As-tu déjà tenté de voler la bâche d’un groupe rival de l’équipe adverse ?

Personnellement non, mais effectivement ce sont des choses qui se font.

 

Et au contraire tu as déjà lutté pour défendre la tienne ?

Pas dans un stade …

 

Est-ce qu’en général les « Capos » d’équipes différentes ont de bonnes relations ?

Théoriquement, la plupart des leaders de groupes se côtoient, parce qu’à chaque fois qu’il y eu des mouvements nationaux sur des questions de droit des supporteurs, ou des revendications plus larges, on a tous été amené à se côtoyer et à travailler ensemble. Moi j’ai toujours eu de bons rapports. Je connais des mecs un peu partout, c’est pas un problème, on se comprend assez rapidement.

 

L’apéro, avant ou après le match ?

Avant c’était avant. Maintenant … Le truc c’est qu’on se prend des contrôles d’alcoolémie avant l’entrée au Stadium à Toulouse. (Les groupes de supporteurs, nldr) Les mecs sont traqués par la Police et ils les font souffler dans le ballon. Récemment on a eu un cas chez nous. Un mec est passé à 0.6g et il a pris 10 mois d’interdiction de stade, avec obligation de pointer  tous les week-ends au commissariat. Donc j’ai envie de te dire que l’apéro c’était un peu plus après. Mais c’est super pénible. C’est pas parce que tu le faisais avant que tu arrivais minable, surtout quand tu es « Capo »,  c’est surtout quand c’est convivial que c’était cool. Là on est traqué comme pas possible donc c’est surtout après. Pendant ça déjà été le cas mais c’est beaucoup plus rare.

Après si les mecs sont complètement ivres, je pourrais comprendre mais là ça a été mis en place pour faire en sorte que certains groupes de supporteurs soient moins nombreux. Pouvoir faire du chiffre. Je suis désolé mais pour un mec qui fait  juste l’apéro, c’est déconné.

 

Quel joueur représente pour toi #LeFootballVrai ?

Nicolas Dieuze, clairement. A Toulouse, toujours. Et puis là avec l’histoire de Luzenac, plus que jamais j’ai envie de te dire. C’est quelqu’un d’intelligent, un mec sympa, un mec honnête, impliqué, tu sens qu’il a l’amour du maillot, bref tu sens que c’est un bon gars.

 

Quel Stade représente pour toi #LeFootballVrai ?

La Bombonnera. Tout en étant un monument du foot, tout en étant esthétique, ça reste un espèce de bordel monstre. Quelque chose qui est resté vrai.


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Quel Maillot représente pour toi #LeFootballVrai ?

Un bon maillot violet et blanc. Pas un maillot noir et rose (rires) ou gris et mauve. Non, un bon violet et blanc, simple, parfait.

 

Quel équipe représente pour toi #LeFootballVrai ?

Ah ben le Téfécé forcément. On a repris notre couronne le week-end dernier du Roi du ventre mou. On est bien, on est au milieu. Non pour moi, c’est vrai en plus, parce que quand tu es à Toulouse, que tu es toulousain et que tu supportes le Téfécé, tu fais un choix qui est presque culturel. Supporter le Téfécé c’est vraiment que tu as vraiemnt la vraie passion du foot. Le côté social autour du foot aussi. Le TFC c’est un trcu que tu partages. Tu ne peux pas le vivre tout seul dans ton coin. Et pour moi c’est bien ça qui est important.

 

 

Propos recueillis par Petit Pont Moulon

 

Crédits : alleztfc.com / Paul Cometto

 
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