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11/10/2014

Olaf (Capo des MNK96) : "Les meilleurs déplacements ce sont les derbys"

Notre Tour de France des « Capos » de groupes de supporters continuent avec cette semaine Christophe Vaucelle, plus connu sous le surnom de « Olaf », qui n’est autre que le leader des MNK96, à Caen. Olaf sort le mégaphone chaque semaine dans les tribunes de Ligue 1 et avec l’aide du Malherbe Normandie Kop, il enflamme à sa manière le Stade Michel D’Ornano de Caen, notamment, et ce depuis plus de 20 ans.

 

 

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Comment es-tu devenu « Capo » des MNK96 ?

Alors déjà moi j’ai commencé avec un autre groupe qui existait avant, qui s’appelait les Gunners Caen. Le groupe avait été créé en 1991 dans l’ancien stade  Venoix. Je les avais rejoints en 1992. Et puis au fur à mesure j’ai commencé à m’investir sur les tifos par exemple. Et durant les années Gunners, voilà j’ai pris le mégaphone et puis c’était parti ! Ça a commencé ça, et ça fait donc une bonne vingtaine d’années.

 

Est-ce que tu te souviens de ta première fois ?

Oh non, j’avoue que … (rires) ça remonte à loin ! Avec les MNK96, je sais que c’était à d’Ornano, on y est arrivé début 1993 il me semble, mais après quel match c’était … On était encore en D1 je crois. On était 3 ou 4 à tourner. Ma première fois ça devait être en 1994 mais après le match j’avoue que je ne m’en rappelle plus.

 

Quelles sont les principales qualités d’un « Capo » ?

Déjà il faut être vraiment investi dans le groupe, et évidemment être un leader. Il faut avoir certaines qualités.  Moi j’ai toujours été actif par rapport au groupe depuis des années, donc forcément il y a une notoriété qui se respecte dans la Tribune que j’ai. Après, avec les années, je peux te dire qu’un bon « Capo » doit savoir lancer les bons chants au bon moment, en fonction du match, en fonction du parcage en face, ou si tu es toi-même dans le parcage etc …

 

Comment se passe une journée type ?

J’arrive au stade toujours de bonne heure avec les gars du groupe. On met tout en place dans la tribune et puis après, quand commence le match, on monte sur la passerelle et puis c’est parti. On commence avec les mégaphones. Généralement, à Caen, on tourne à 3 « Capos », en attendant d’avoir la sono. Après, du moment que tu as des responsabilités dans le groupe, il faut forcément tout mettre en place.

 

Qu’apporte un « Capo » dans  son baluchon ?

J’arrive avec mon maillot, je porte souvent le maillot rayé rouge et bleu. J’ai aussi le t-shirt de mon groupe, bien sûr. Alors, après,  je ne suis pas un Ultra, on est un groupe assez atypique dans le monde des tribunes. On a, en Normandie, une ambiance assez anglo-saxonne. On a cette mentalité. Après, voilà, moi je suis un Old School donc je viens avec mon écharpe et le maillot de club. Je viens au stade comme je suis, depuis près de 25 ans.

 

Qui choisit les chants et quand en introduisez-vous des nouveaux ?

A force d’être « Capo » on connaît un peu les chants à la mode. Donc on sait que les gens les connaissent bien  et qu’ils seront bien repris. Après, parfois ça m’est arrivé d’adapter un peu au niveau des paroles, des chants … Après il y a des gars qui disent « Tiens on pourrait ça » alors on les essais entre nous, soit au local, soit en dép’ dans un bus. Et puis si ça marche bien et ben on le fait. Après quand tu es dans le match, un bon « Capo » se doit d’avoir son répertoire en tête et puis doit faire en sorte que le chant dure longtemps. Et puis le but c’est aussi  de diversifier. Nous, nous ne nous considérons pas comme Ultras donc on se doit d’avoir des chants pas trop Ultras justement, sinon notre tribune ne s’y retrouverait pas. On a encore même des vieux chants que je lance régulièrement, et même les jeunes « Capos ». Parfois on chante même en anglais par rapport à notre culture.


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Te souviens-tu d’un match où le stade était en ébullition ?

Je vais mettre l’époque du Stade Venoix de côté. Depuis D’Ornano, et donc depuis 10 ans, puisqu’on a un club vraiment digne de ce nom depuis une dizaine d’années, quand on est remonté en Première Division en 2003/2004, on a eu des tribunes fantastiques, même face à des petits clubs de D2. Certainement, une des plus grosses ambiances, c’est notre demi-finale de Coupe de la Ligue, contre Monaco, et qu’on a gagné 3/1, en 2005. Là c’était vraiment quelque chose d’extraordinaire. A l’époque battre Monaco … et puis on savait qu’au bout c’était le Stade de France. Un Stade de France où c’était la première fois que le Stade Malherbe de Caen y allait pour jouer une Finale. Ce jour-là à D’Ornano, en tribune Luc Borrelli, il y avait vraiment un parfum de folie !! C’était assez extraordinaire.

 

Et à l’inverse, tu te souviens d’une fois où malgré ton expérience, il était difficile d’enflammer la tribune ?

Ouais ! On a connu ça … Fin des années 1990 et début des années 2000, on avait lutté 7 ans en seconde division, on avait même parfois lutté pour ne pas descendre en Troisième Division. Il y avait des matchs où c’était compliqué. T’es 50 derrière ta bâche, il n’y a personne qui veut venir avec toi, et parce que tu es 50 tout le monde te prend pour des beaufs. Mais c’est vrai que ces périodes étaient difficiles mais on a tenu bon et on a été récompensé de nos efforts quelques années plus tard. Heureusement qu’on a un bon noyau dans le groupe, et puis les autres supporters, parce qu’en Ligue 2 quand les matchs sont passés à 18h45. C’était dur aussi. Forcément plein de gens ne pouvaient pas venir au stade à cette heure-là. Et puis, il y a les hivers, les deux derniers hivers étaient très très rigoureux, il faisait très froid. Il y a donc eu plein de matchs où c’était dur, surtout quand tu as connu des tribunes pleines à craquer.

 

Te souviens d’un déplacement en particuliers ?

Pour beaucoup, les meilleurs déplacements sont les derbys. Au Havre, mais aussi à Rennes, on s’éclate, on remplit des parcages, tout le monde est motivé. Plusieurs fois dans les derbys on a pris un pied énorme parce que c’était génial. Un bon vieux derby ça n’a rien à voir avec les matchs classiques. Même là, on a reçu Paris et Marseille, c’est pas forcément pour nous les matchs de l’année.


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T’es plutôt Micro ou Mégaphone ?

On n’a toujours pas de sono. C’est en train de se conclure avec la Ville de Caen. On règle ça, au niveau des normes de sécurité, parce qu’en Normandie ils sont assez embêtants avec ça. Alors sinon, j’ai déjà eu l’occasion de faire des essais de Sono avec du matériel qu’on nous avait prêté et qui n’était pas forcement adapté. Du coup, je m’étais rendu compte que le micro c’est beaucoup mieux que le mégaphone, parce qu’on se rend compte rapidement que c’est mieux.
Après, un « Capo » et son mégaphone … ben l’un ne va pas sans l’autre. Même en ayant un micro je ne pourrai pas me passer de mon mégaphone. Je l’aurai quand même dans la main. C’est le prolongement du bras pour un « Capo ». Après, avec l’expérience, j’ai pris une grosse voix et quand l’ambiance ne me convient pas, je gueule un gros coup et tout le monde m’entend, mégaphone ou pas mégaphone.

 

L’apéro, avant ou après le match ?

Les deux mon Capitaine ! Ouais ben, quand les matchs sont le samedi c’est mieux. On se retrouve, on met tout en place en tribunes et puis une fois que c’est fait, avec tous les autres qui arrivent après, on se dit Bonjour en buvant l’apéro, et puis après on se retrouve au Local, je pense que c’est assez classique. Comme tout bon supporter. On n’a rien inventé. Le Foot et les supporteurs, de boire avant et après les matchs, c’est un grand classique pour nous aussi. Aimer le foot, c’est aimer le sport mais c’est aussi la convivialité, être avec les potes, c’est tout ça qu’on aime aussi. Comme dans la vie de tous les jours.

 

As-tu de bonnes relations avec les « Capos » des équipes adverses ?

Ben j’avoue que moi, n’étant pas trop dans la mentalité Ultra, ben j’en connais aucun en fait. Ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas mais bon, j’ai aussi d’autres trucs à faire à côté. Ce n’est pas que je ne veux pas en connaître. Les jours de matchs je suis toujours à droite à gauche pour faire ceci ou cela, veiller que tout se passe bien dans la tribune, après j’ai pas trop le temps d’aller dans les parcages, pour aller voir les supporters adverses. Si jamais un jour j’ai l’occasion de discuter avec « Capo »  je discuterai avec lui avec plaisir, aucun problème.

 

As-tu déjà tenté de dérober la bâche d’un groupe de supporteur adverse ?

Ah non. Comme je l’ai déjà dit, on n’est pas un groupe Ultra, ça ne fait pas parti de nos habitudes. Après de temps en temps, il faut bien que je canalise quelques gars, même si c’est bien ancré dans la mentalité de chez nous. C’est un truc qu’on n’a jamais fait, qu’on ne fera jamais. On s’en est déjà fait piquer par contre.

 

Justement, à l’inverse, as-tu déjà défendu la tienne ?

Ah oui, ça par contre, quand il faut le faire, je suis en première ligne, malheureusement. Mais on n’a pas créé le groupe pour ça. On est des supporteurs. On a tellement de gens différents, on a des gens qui viennent en famille, on a des retraités … donc on ne peut pas se permettre de mettre ces gens-là en danger. On ne vient pas au Malherbe Normandie Kop pour ça en tout cas, les gens le savent. Mais c’est vrai qu’on est un peu à part …

 

Quel joueur t’inspire #LeFootballVrai ?

C’est vrai que la majorité des clubs arrivent des joueurs qui restent fidèles au club. Nous on a Nicolas Seube, qui est là depuis 2001, et qui est devenu normand avec les années. C’est le pied d’encourager un joueur comme lui. Il donne toujours le meilleur de lui-même sur le terrain. Il aime vraiment le foot, et il a notre respect par rapport à ça.

 

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Quelle équipe t’inspire #LeFootballVrai ?

Je vais citer mon club, parce qu’on se bat beaucoup de temps. On a failli plonger, et on a réussi à remettre nos dirigeants dans le bon chemin parce qu’ils avaient tellement fait de conneries que les affluences se cassaient la gueule. On a bien travaillé en tribunes, les joueurs aussi, les médias, même parfois avec des politiques. On a gardé nos valeurs de foot et nous ne sommes pas tombés dans ce foot-bisness. On a réussi un gros combat et je pense que ça va durer encore quelques années.

Après pour parler d’un autre club que le mien, j’allais citer St Etienne, mais récemment j’ai vu une banderole des ‘Magics’ avec le maillot de coupe d’Europe à 120€, ça ne va pas du tout. Malheureusement, alors qu’on pense qu’un club comme St Etienne va être différent de Paris, de Marseille ou de Monaco, ben pas forcément et c’est un peu triste ; parce que Geoffroy-Guichard, par rapport à l’épopée des Verts depuis 40 ans, ça a un autre aspect que Paris ou Monaco, mais malheureusement c’est dur de ne pas se faire bouffer par le Foot-Bisness. Après je ne sais pas si tu es courant du truc, avec la création de l’Association Nationale des Supporters, on aura un peu plus de visibilité, pour revendiquer notre façon de voir le football, pour que ça reste le Football, ou que cela le redevienne pour ceux qui l’ont perdu.
Et puis peut-être ça prendra des années, mais aujourd’hui un journaliste nous demande de citer un club qui représente le Football Vrai, et ce qui serait bien c’est qu’un journaliste nous demande un jour d’en citer plusieurs.

 

Quel maillot t’inspire #LeFootballVrai ?

Pas facile comme question, je ne vais pas toute le temps citer mon club. (rires)  
Après, c’est celui que je porte et que je porte depuis 25 ans. Le maillot vrai c’est ce lui qui est porté fièrement par son supporter. On a beau avoir des rivalités, si je vois un supporter du Havre qui porte son maillot, je vais le respecter ; je ne l’aime pas parce que c’est comme ça mais je vais quand même le respecter parce qu’il porte le maillot de son club.


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Quel stade t’inspire #LeFootballVrai ?

Ouais, à Caen on a un bon stade de football. Mais bon sinon Geoffroy Guichard, même si j’ai du mal à me faire aux dernières modifications du stade. Mais ses deux tribunes, ça fait un stade de foot ! Quand tu rentres dedans il y a vraiment une ambiance que tu ne retrouves pas partout. Il fait vieux stade à l’anglaise … Par contre, à l’inverse, Gerland, la Beaujoire, j’ai du mal …

 

Propos recueillis par Petit Pont Moulon

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Un grand merci à l’équipe de We Are Malherbe qui a contribué à la mise en place de cet entretien.

 

crédits : allomatch.com / Christophe Vaucelle

 

 

 

 

 

 

08/10/2014

Au coeur de Charlety, l'antre du Paris FC

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Pendant que la capitale se remet lentement d’un finalement illusoire PSG-Barça, un match d’un tout autre niveau se profile au sud de Paris, dans un stade qui historiquement a fait la part belle à l’athlétisme. En cette douce soirée d’automne, nous n’avons donc pas croisé Patrick Montel mais Raymond Domenech, venu commenter pour « Ma Chaîne Sport » un alléchant Paris FC – Amiens, choc du haut de tableau du National. Et la soirée débute plutôt mal. Souhaitant profiter des derniers rayons du soleil, nous décidons de déguster un demi en terrasse. Et là stupeur, 59.04 francs pour 2 bières. Le tenancier s’est cru Porte d’Auteuil. La courte plaisanterie a assez duré, il est temps de pénétrer dans le stade.

C’est en tribune de presse que nous passerons la soirée. Ce n’est pas très populaire mais cela a été si gentiment proposé par le service communication du Paris FC que nous ne pouvions refuser. Nous ne boudons pas notre plaisir car un sandwich jambon mayonnaise a été offert. Voyez comme on se met bien. Nous avons également la chance de pouvoir mettre les pieds au bord du terrain, de sentir l’herbe fraichement coupée, celle qui vous donne envie de chaussez les Patrick ou autres Copa Mundial.

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Une belle pelouse et des tribunes plus que clairsemées puisqu’une seule est ouverte pour l’occasion. Pour ce qui est des tribunes vides, les joueurs ne manqueront pas de saluer l’une d’entre elles, celle où résident les commentateurs de MCS. A l’opposé,  au milieu des quelques centaines de spectateurs, nous apercevons 4 supporters d’Amiens qui ont pu sortir leur drapeau sans difficulté.

 

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A une poignée de minutes du coup d’envoi, une trentaine d’irréductibles prennent place sous notre tribune pour encourager les locaux. Armés d’un tambour et d’un mégaphone, ils chantent, voire hurlent, sans s’arrêter. Ils nous offrent un répertoire des plus variés. Nous avons, non sans mal, réussi à déchiffrer une de leurs compositions : « Boire de la rebié, fumer des tarpés, chanter pour Paris, oui ça c’est la vie. » Concept qui peut s’avérer fort sympathique pour 90 minutes, plus risqué si on le prolonge à l’échelle d’une vie. Ils n’hésitent pas non plus à sauter tout en tournant le dos au match, remettant au goût du jour un rituel inspiré par les supporters de l’AEK Athènes à la fin des années 80.



A la 25eme minute, ces trublions vont laisser éclater leur joie suite à l’ouverture du score sur pénalty par Ech-Chergui, ex-pensionnaire de Luzenac. Voici la scène comme si vous y étiez.


Juste avant la mi-temps, le buteur se mue en passeur et offre à Keita la balle de break. En seconde période, j’en profite pour quitter momentanément la tribune de presse pour aller à la rencontre de Giovanni, 33 ans, qui n’est autre que le responsable de la buvette. Il occupe ses fonctions depuis quelques mois et fait partie des salariés du club depuis 3 ans. Et quand on lui demande comment il a atterri au PFC il répond : « Je n’ai pas atterri au PFC, c’est le PFC qui a atterri chez moi. Ma famille suit ce club depuis très longtemps donc forcément j’ai suivi le mouvement. » Il a été bénévole pendant des années, vit aujourd’hui grâce au club et en retire une certaine fierté car il s’est beaucoup investi pour celui-ci. Pour ce match, il a commencé à travailler vers 15h avec 2 personnes, veillé à ce qu’il ne manque rien, notamment des baguettes de pain. Naturellement, il est très sollicité avant le match et à la mi-temps.

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En parallèle, il détient la casquette de bus et accompagne donc l’équipe en déplacement. « Ma plus grosse galère c’était l’année dernière à Auxerre, pour un match amical. Au retour il neigeait et on avait dû emprunter la nationale. On a dû mettre 6 heures pour rentrer. A ce moment là t’es seul face à tes responsabilités. Mais nous sommes arrivées sein et sauf, c’est l’essentiel. »

 

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Les parisiens s’imposeront finalement 3-1 grâce à un nouveau but d’Ech-Chergui. Ils gardent la tête du classement avec 3 points d’avance sur Colmar. Ils sont en route vers la D2 qui reste l’objectif premier du club et qui lui permettrait de se professionnaliser et surtout de garnir un peu plus l’enceinte de Charlety. 

Guy Truite (remerciements à Damien Guillou qui m'a accompagné)

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03/10/2014

03 Octobre 1984, le jour où le FC Metz a éliminé le FC Barcelone

Il y a 30 ans, le FC Metz éliminait le Barça. Un match inoubliable pour la Lorraine.

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Nous sommes le 3 Octobre 1984, et le FC Metz joue un 1/16ème de finale retour de la Coupe des Coupes. Et pas dans n’importe quelle condition. En effet, les coéquipiers de Michel Ettore affrontent le Barça.
De plus, au match aller, Philippe Hinschberger et son équipe avaient clairement pris l’eau à Saint-Symphorien et avaient encaissé un cinglant 2/4 qui promettait un match retour très difficile. Une qualification impossible même. Un match durant lequel l’équipe messine avait été particulièrement maladroite et avait commis des grosses erreurs permettant aux espagnols de s’offrir tranquillement la victoire, voire déjà la qualification, du moins dans leur tête.
Quelques mois plus tôt, le FC Metz a remporté la Coupe de France. Mais à l’époque, le Barça est déjà une très grande équipe européenne et domine le championnat espagnol.

Après la déroute du match aller, le petit monde du football voit, à juste titre, le FC Metz sombrer en Espagne face à une équipe emmenée par Bernd Schuster, Steve Archibald ou encore Alonso, qui n’est autre que le père du néo bavarois  Xabi Alonso. Bref, pas une équipe de peintres, malgré tout le respect que je peux avoir pour cette profession.

En face, l’équipe à la Croix de Lorraine aligne son 11 type et compte sur des exploits de ses meilleurs joueurs :

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Ce soir-là, une centaine de suppporters grenats traverse la France par leurs propres moyens et rejoint Barcelone pour soutenir, malgré le match aller, leur équipe favorite. Ils se souviendront de cette soirée toute leur vie.

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Côté espagnol, on ne peut pas dire que la foule se soit déplacée en masse, sentant que son équipe n’aurait sans doute aucun mal à se débarrasser du club français. Les socios ont donc préféré regarder le match à la maison.

Dès le début de la rencontre, les Barcelonais assiègent le but de Michel Ettore qui réalise des arrêts formidables, et a fait certainement l’un de ses plus beaux matchs au Nou Camp, stoppant plusieurs offensives de Schuster.

Détendus et sans pression, les joueurs messins tentent de garder le ballon mais finissent tout de même par plier face à un énième attaque des barcelonais. Nous jouons alors la 37ème minute et la ‘Metz semble dite’. Mais voilà, ce soir, le vent souffle dans le dos des lorrains et quelques minutes plus tard, Zvonko Kurbos, dit ‘Tony ’,  semble vouloir centrer mais le ballon termine dans le but d’Amador. Une égalisation presque méritée pour les Lorrains.
Sur le coup d’envoi, les espagnols essaient immédiatement de partir vers l’avant mais les messins sentent que quelque chose est à faire, là, maintenant. Et c’est bel et bien ce qu’il va se passer. Philippe Hinschberger déborde et voit Jules Bocandé au centre. Sa passe est malencontreusement poussée par Sanchez dans son propre camp et le FC Metz renverse donc la vapeur. Oui, le FC Metz mène désormais à la pause.

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 « A la mi-temps, j’étais vraiment persuadé qu’on allait gagner. Marcel Husson nous avait dit qu’il fallait y croire.» déclara Michel Ettore à la fin de la rencontre.

 

En deuxième période, et grâce à une défense impériale, et un Ettore infranchissable, le FC Metz va petit à petit semer le doute dans les têtes barcelonaises jusqu’à prendre un avantage un peu plus conséquent. Et ce grâce à un très bon Jean-Paul Bernad qui va déposer un super ballon au-dessus de la défense du Barça et permettre à Kurbos, décidément dans un grand soir, de réaliser le doublé et permettre à son équipe de mener 3 à 1 ! « Je les avais vus jouer et on savait que leur défense était lente » affirmera Bernad après le match.

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Metz ne joue que par contre et le fait remarquablement. Néanmoins, les espagnols enchaînent les offensives et Michel Ettore est imperturbable. « Ils ont eu beaucoup d’actions mais ils sont tombés sur un super Michel Ettore » semble déclarer Jean-Paul Bernad en guise de remerciement envers son gardien de but.
Et ce qui devait arriver arriva. Sur un bon débordement de Bocandé, l’attaquant sénégalais centre en retrait une première fois, et après un contre parvient à transmettre le ballon à Kurbos qui réalise le triplé, et permet au FC Metz de créer un exploit retentissant sur la scène européenne.
Plus rien ne sera marqué, les joueurs peuvent laisser exploser leur joie.

Le mot de la fin sera pour Marcel Husson, l’entraineur grenat : « Quand je disais que nous étions passés à côté de quelque chose de grand à l’aller, j’étais dans le vrai. Ce soir, 11 joueurs sur les 16 inscrits sur la feuille de match sont issus du centre de formation. La voilà la force du FC Metz. »

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Ainsi, un soir d’octobre 84, le Football Vrai fût parfaitement représenté par une équipe de valeureux joueurs, entrés pour l’Eternité dans l’Histoire du Football Français.

 

 

Petit Pont Moulon

 

 

Crédits : Old School Panini / Screens Youtube

 

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