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15/11/2014

Benjamin Psaume : "Je joue en Nike, parce qu'un pote est sponso alors il me passe des crampons."

Après avoir mis sa carrière entre parenthèses, Benjamin Psaume est de retour sur les pelouses françaises pour le bien du club d'Arles-Avignon. Entre satisfaction et impatience, il nous parle de son come-back et de son parcours très clairement "Le Football Vrai".


Alors, enfin de retour ?

Et ouais je retourne à Arles-Avignon, un peu dans mon club de cœur et j'y retourne un peu pour les aider parce qu'en ce moment c'est pas trop trop la frite, donc je vais essayer de les aider un peu. 


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Le Football te manquait ?

Ouais j'avais arrêté parce que je n'avais rien eu d'intéressant, donc je m'étais dit que j'arrêtais. ouais, ça me manquait un peu. J'allais régulièrement les voir jouer, parce que moi je suis sur Avignon, et ça me manquait un peu c'est vrai. Depuis 15 jours je me suis entraîné avec eux et le fait de reprendre le rythme d'un Pro, ça me donnait envie de reprendre. Après, on a décidé avec le club que je revenais.

 

Arles-Avignon, c’est presque la maison ?

Bon, la maison, c'est un bien grand mot. Mais c'est vrai c'est la troisième fois que je vais porter les couleurs. D'ailleurs je pense que c'est rare dans le football. Après je veux pas faire l'ancien mais c'est vrai que j'y ai beaucoup d'amis, je connais encore beaucoup de personnes ici. Je suis content de revenir.


Pourtant tu avais rejoint Le Pontet en début de saison ?

Oui, je suis allé m'entraîner avec eux, je devais m'y engager, mais finalement ça ne s'est pas fait, on n'est pas tombés d'accord.

 

Tu as un parcours 100% français (Toulouse, Sète, Arles-Avignon … Troyes …) c’est volontaire ou c’est parce que tu n’as pas eu l’occasion de signer à l’étranger ?

Ça ne m'aurait pas dérangé. J'ai toujours dit que je voulais un peu tout essayer, surtout que là j'avais arrêté, donc j'aurais bien aimé une pige à l'étranger, histoire de découvrir un nouveau truc. Le problème c'est que les opportunités que j'ai eu à l'étranger c'était Chypre et compagnie, des trucs exotiques un peu. J'ai pas eu d'opportunités en Espagne, Angleterre ou Italie, c'est quand même plus intéressant.

 

Quel est le nom du tout premier stade sur lequel tu as évolué ?

En jeune je ne me rappelle pas ... Je peux te dire la ville, c'était à Tarbes, dans le sud-ouest, j'habitais là-bas. Sinon, mon premier match en Pro je l'ai fait à Rennes, avec Toulouse. C'était en Ligue 1, parce qu'avant j'avais joué en Coupe aussi. 


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Te souviens-tu de ton tout premier but en professionnel ?

Mon premier but en Pro c'était à Caen. Caen-Toulouse Après il y en a pas eu des milliers de buts (rires) mais je pense que n'importe quel joueur se souvient de son premier but en Pro.

 

Le premier maillot que tu as acheté ou qu’on t’a offert ?

En général je n'achète pas les maillots. Je les garde quand je les échange. J'ai une collection où je commence à en avoir pas mal. Je les récupère aussi de quelques potes dans le foot qui sont à droite à gauche. J'ai gardé le premier que j'ai porté en Pro.
Après, quand j'étais jeune, j'avais un vieux maillot du Brésil, à l'époque Bebeto, Romario et compagnie. 

 

Avec ta première paye, t’as offert un resto à tes potes ou tu t’es acheté un écran géant ?

(Rires) Pour ma toute première paye, j'avais gagné 150€, il me semble que je m'étais acheté une paire de basket. C'était au centre de formation, j'avais 15 ans. Après, avec ma première grosse prime de contrat Pro j'ai acheté un appartement.

 

Après une victoire, pour récupérer, t’es plutôt du genre à boire un litre d’eau ou un litre de Kro ?

Aucun des deux. Je ne bois pas trop d'eau, j'aime pas trop ça. Et la bière non plus je n'aime pas trop ça. Mais oui je suis du genre à aller avec mes coéquipiers, si on peut aller aller boire un coup, ou aller balader un peu après les matchs pour décompresser ... S'il y a victoire c'est mieux ! Mais souvent après les matchs je reste avec mes potes. Quand j'étais à Troyes on allait souvent chez moi, pour refaire les matchs ou boire un coup. Après une rencontre je ne rentre jamais  chez moi, tout seul.


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T’es plutôt merguez/frites ou saucisson/beurre ?

Merguez/Frites ... J'aime bien les barbeucs' l'été ! A troyes j'en faisais moins mais dans le sud j'aime bien. Tu vois là, il fait 16 - 17 degrés, il fait super beau c'est le top. 

 

Niveau chaussures, t’es plutôt Nike, Adidas ou Patrick noires classiques ?

(Rires) Ouais les Patrick c'était quand on était plus petits. maintenant je ne'en vois plus beaucoup qui en portent. Mais ça serait pas mal, ça changerait un peu. Moi, après je m'en fous, tant que j'ai des crampons. En ce moment je suis en Nike, parce que j'ai un pote qui est sponsorisé Nike alors il me passe des crampons, mais avant, à l'époque j'étais sponso Adidas. Moi, tant que ça ne me fait pas d'ampoules, je m'en fous.

 

Et niveau crampons, t’es plutôt 16-18 en alu ou crampons moulés ?

Moi c'est moulés. Les 16-18 c'est pour les défenseurs, les casseurs. Après si le terrain est super gras, que tu es en moulés et que tu fais une glissade, t'es foutu, ton coach il t'égorge.

 

Quel est l’Homme qui a marqué ta carrière ?

Il y en a plusieurs. Des entraîneurs, des joueurs, des amis. Il y a des rencontres avec des joueurs contre qui j'ai joué qui m'ont marquées. Mais si je devais en sortir un ... Après on dit souvent que c'est le premier qui te lance en Ligue 1, et moi c'est Eric Mombaerts à Toulouse, il m'a donné ma chance, il m'a fait signé Pro et m'a fait découvrir la Ligue 1. Donc c'est vrai qu'il a beaucoup compté.

 

Quel est ton meilleur souvenir sur un terrain de football ?

En général, ce sont les montées. j'ai eu la chance de faire quelques montées dans ma carrière et c'est vrai que c'est magnifique. Après il y a mon premier but en Ligue 1. Et puis il y a aussi mon année en National avec Arles-Avignon. Avec une bande de collègues on arrive à remonter en Ligue 2 et je mets le but de la montée à la dernière journée. L'année d'après, quasiment jour pour jour, on rejoue un match de montée à domicile, et je re-marque le but de la montée cette année-là. Je marque pas énormément de buts en plus, cette saison-là j'en met seulement 4 ou 5, j'étais plutôt passeur. Les gens me disait c'est pas possible tu vas pas remettre le but de la montée, même moi je n'y croyais pas trop, et c'est ce qu'il s'est passé.

 

Quel le stade le plus moche dans lequel tu aies évolué ?

Le plus moche !? (Rires) Bon on ne compte pas la Coupe de France parce que parfois il y a des stades ... (il coupe) Après j'étais souvent remplaçant et donc je jouais beaucoup la Coupe de France. Le problème de la Coupe de France c'est que tu vas jouer dans des bleds, genre Montceau-les-Mines, Raon l'Etape ou des trucs comme ça, et là-bas les stades ils font peur. Après j'ai joué dans les styles de stade possible, j'ai joué à tous les niveaux, de la DH à la Ligue 1.

 

Et le plus beau ?

Le Parc ! (des Princes, ndlr) Pour moi c'est le Parc ! Il est mythique. Le Vélodrome je ne l'ai pas fait parce que malheureusement je m'étais blessé, mais le nouveau je pense qu'il est magnifique. St Etienne c'est pas mal aussi, Lens ... Il y en a d'autres.


Quel est le joueur qui, pour toi, représente #LeFootballVrai ?

En fait je vais dire une équipe entière. Celle de National qu'on avait à Arles-Avignon, la veille d'un match où jouait la monté, on avait fait du carrelage parce qu'un gars refaisait sa terrasse, on avait fait un barbeuc' et bu un coup. Mais tout ça pour dire qu'il y a un énorme état d'esprit. On faisait les déplacements, on prenait le métro et tout, c'était à l'arrache. mais ça, ça soude un groupe. Par exemple, s'il y en avait un qui prenait un tacle, les autres arrivaient derrière, on était une vraie bande de potes. Donc je peux pas te dire un joueur, mais cette équipe avait le bon état d'esprit.

Après il y a un joueur, qui est un très bon ami, il n'a pas fait de centre de formation, donc il n'est pas formaté, c'est Raphaël Caceres, qui joue à Sochaux actuellement. Et lui, comme il n'est pas passé par un centre de formation, il est terre à terre, il aime bien bringuer avec ses potes, et il a vraiment l'esprit "Foot-Plaisir".


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Quel est le maillot qui, pour toi, représente #LeFootballVrai ?

Un maillot plein de boue, déchiré etc ... Les matchs en hiver plein de flaques où tu mets la tête dedans et du coup quand tu vois le maillot tu te dis que le mec va au charbon. Après ça serait un bon compliment  de représenter  Le Football Vrai.

 

Quel est le club qui, pour toi, représente #LeFootballVrai ?

Ça rejoint ce que je te disais, ça serait Arles en National, c'était le Football vraiment Vrai !! (Rires)

 

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Quel est l’entraîneur qui, pour toi, représente #LeFootballVrai ?

Ben c'est nul ce que je vais te dire mais c'est l'entraîneur qu'on avait à cette période justement. Il était à notre image. C'est Michel Estevan. il rongeait les joueurs adverses dans le tunnel. C'est marrant je trouve, c'est Le Football Vrai. C'est de "l'emboucanage" ! Après j'ai eu des entraîneurs aussi qui n'étaient pas dans ce délire-là.

 

Quelle est la compétition qui, pour toi, représente #LeFootballVrai ?

La Coupe de France. Ce week-end on va jouer contre une CFA2 (Aix Football Club, Aix-Les-Bains, ndlr) on a 5 heures de bus. Moi j'aime bien jouer des matchs comme ça. Les mecs ils sont au bord du terrain, ils s ont à fond, moi j'aime bien. 


Si je dis « Le Football Vrai » ça t’inspire quoi ?

Les collègues, mais faut bosser un peu sinon c'est n'importe quoi. C'est une bonne bouffe avec les collègues de l'équipe, se voir des matchs de Ligue des Champions ensemble, boire un coup s'il le faut. Mais moi j'instaurerai un truc obligatoire, et certains clubs le font, c'est lors du stage d'avant-saison, j'instaurerai une bringue obligatoire pour tous les joueurs. C'est là que tu te soudes et que tu rigoles, et ça c'es super important pour la vie d'un groupe.


Propos recueillis par Petit Pont Moulon

 

Le Football Vrai / Benjamin Psaume

 

  

 

 

13/11/2014

On est allé voir un match à Bauer


« Tu viens boire des bières et voir un match du Red Star ? » c’est comme ça qu’a commencé cette aventure. Elle débute vraiment à St Ouen, au bout de la ligne 13, on accède au Stade Bauer. Mais avant d’aller au stade un arrêt à l’Olympic s’impose. L’Olympic c’est ni plus ni moins que LE bar en face de Bauer. Ici le temps s’est arrêté dans les années 60/70, à l’époque où le Red Star venait de fusionner avec le Toulouse FC pour rester en première division. En témoigne la carte derrière le bar qui propose du Viandox. « Une pinte » « 3€ » « Merci monsieur ». Me voilà avec une bière pour 20 francs.

 

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Je commence donc à socialiser avec les forces en présence. « S’ils sortent la bâche moi je rentre sur la pelouse la récupérer frère. Je m’en bat les couilles de l’IDS. » me confie un quadra dans le coin. À côté de lui des papis se rappellent les grandes années. A l’entrée un jeune distribue la lettre d’info du Red Star et un autre m’explique les difficultés rencontrées par le Red Star cette année sur le terrain « On a un bon gardien, un bon arrière droit, devant ca va. Mais alors le milieu c’est d’la merde… » Bref, un bar de foot.

 

Mais tous sont unanimes : « C’est la première fois qu’il y a autant de monde à Bauer cette saison, au dernier match le parcage était vide, on est même sorti prendre des bières à la mi-temps » me confie l’un d’entre eux tout en ajoutant « Le mec qui veut aller récupérer la bâche là, il fait le chaud trojan skin et tout mais il reste assis en haut de la tribune… Bien sûr que ca nous fait chier cette histoire de bâche mais nous on est surtout là pour le kiff et pour pousser le Red Star » Aujourd’hui le bar est plein, la bière coule à flot, trop d’ailleurs, si bien qu’à 45 minutes du coup d’envoi les futs sont vides et le patron est obligé de sortir les canettes.  «File moi une kro chef s’il te plait » Chef essaie d’esquiver en disant qu’il n’y en a plus mais le frigo étant encore ouvert tout le monde peut voir qu’il en reste. Il est donc contrait de servir.

 

« I’m here to see real football »

 

L’heure tourne et la foule se masse à l’entrée. De mon côté je laisse tout ce beau monde rentrer dans le stade et termine ma bière, dans le rade qui se vide peu à peu. Au comptoir, un homme décroche son téléphone et explique à son interlocuteur qu’il est « au foot ». À St Ouen on ne vient pas voir le Red Star, on ne vient pas au Red Star, on vient au foot. Un peu plus loin j’entends des anglais discuter et décide de m’incruster…

 

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Je leur demande ce qu’ils font là ? Pourquoi ils viennent voir le Red Star alors qu’ils peuvent attendre 2 jours de plus pour aller voir un match de football faux au Parc des Princes. La réponse que me donne cet anglais dépasse mes attentes « I’m here to see real football. This is not PSG. PSG it’s Chelsea. A fake team. Here it’s the true football. The football of the 70’s » pour ceux qui ne parlent pas anglais ca donne « Je suis ici pour voir du vrai foot. Ca c’est pas le PSG. Le PSG c’est Chelsea. Une fausse équipe. Ici c’est le vrai foot. Le football des années 70 ». Le football vrai est donc un concept partagé par nos voisins anglo-saxons. Et quand j’explique à cet homme le pourquoi de ma demande et le principe du football vrai il est d’accord avec moi. Mon match ne peut pas mieux débuter et c’est le cœur joyeux que je me dirigé vers l’entrée.

 

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De l’extérieur on voit 3 tribunes. Une fois à l’intérieur on voit également 3 tribunes. Celle pour les supporters du Red Star, face aux bancs de touche. Une grande tribune sur notre gauche, vide, et une tribune en face où sont parqués les Strasbourgeois, une centaine, avec 80% de vide à côté d’eux. Ces 2 tribunes sont vides parce qu’elles s’écroulent petit à petit. Une rénovation ne serait pas de trop mais les coûts pour une telle opération sont bien trop importants. Certainement aussi importants que ceux pour faire des travaux sur la barre HLM derrière un but. « Si on monte en L2 c’est la merde. On va pas aller à Charlety, il y a déjà le Paris FC. Non, nous ce qu’on veut c’est rester à Bauer.» m’explique un supporter vert et blanc. Il n’est pas le seul à penser ça, rapidement la tribune reprend « Le Red Star à Bauer ! Le Red Star à Bauer ! Le Red Star à Bauer ! », le tout sans méga ni tambour. À l’ancienne. On peine à distinguer qui est le capo, tant les fans sont tassés sur la grille de protection entre la tribune et le terrain.

 

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« Il n’y a que Bauer »

 

Le bruit ne faiblit pas après le but de Strasbourg. Il est même de plus en plus fort. Le RCS mène 1-0 mais les supporters du Red Star continuent à gueuler à la gloire du Red Star. Et 6 minutes plus tard quand les locaux égalisent un pogo est lancé et le kop hurle « Il n’y a que Bauer ! ». Et ils ne parlent pas de Jack. Le Jack, certains en ont visiblement trop bu avant.

 

Juste avant la mi-temps l’arbitre siffle contre le Red Star une faute limite. Le stade invective l’homme en jaune avec ce superbe chant « Flic, arbitre ou militaire, qu’est-ce qu’on ferait pas, pour un salaire ! ». Peu importe la division l’arbitre reste donc un homme à part (et donc un sacré connard pour les supporters)

 

La merguez-ketchup de la mi-temps se mange devant un équivalent de trophée Wanadoo où un minot, un peu enveloppé portant le numéro 7 va devenir le héros du kop. Sous son physique de Jean-Claude Darcheville, le public chante à sa gloire. « Numéro 7 » nous le rend bien en venant  nous saluer  après chacun de ses buts.

 

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Le match reprend, et après 15 minutes les Alsaciens plantent un second pion. Le Red Star est mené 2-1 à domicile. Comme après le premier but, Bauer ne lâche pas et continue à encourager ses joueurs.  Malheureusement pour eux il n’en est rien, et à 22h23 l’arbitre siffle la fin du match sur un score de 2-1 pour les visiteurs.

 

« Récupérée par les forces de l’ordre »

 

Malgré la défaite, Bauer applaudit ses héros. Strasbourg les siens. Et les 2 kops s’insultent. « Bon allez, on va boire un demi et on décolle ». Des « Bauer Antifa !» raisonnent alors que nous quittons le stade en restant bluffé par la prestation du capitaine strasbourgeois, Ernest Seka. La raison de ces « Bauer Antifa ! » est toute simple. Les UB90, ultras strasbourgeois, sont connus pour leurs positions politiques plutôt à droite (aucun rapport avec leur proximité avec l’Allemagne) alors que ceux du Red Star eux sont, comme leur nom en témoigne, plutôt de gauche.

 

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Cette dernière bière à l’Olympic nous permet de voir nos amis du jour, les ultras du Red Star, se chauffer dès qu’ils voient la bâche subtilisée l’an passé. Alors qu’ils sont prêts à aller au combat pour récupérer leur relique tout ce petit monde se calme et un agent de sécurité revient avec la liquette. En la rendant aux fans, il a la mauvaise idée de dire « Récupérée par les forces de l’ordre ». Un homme visiblement aussi costaud qu’alcoolisé, vêtu d’un pull à capuche le gratifie d’un « Ferme ta gueule » en guise de remerciements. C’est alors qu’un collègue de l’agent de sécu qui apparemment connait notre homme lui dit « Arrête, il a une cravate ! »

Un beau résumé de ce qu’est le Red Star. Une opposition Porte de St Ouen/Porte d’Auteuil. Une opposition  merguez/foie gras. Une opposition pull à capuche/Costume cravate.

JA Murphy (Suivez le sur Twitter)

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08/11/2014

Benoît Poulain : "Mon Premier maillot, Pérols, rouge et blanc, comme l'Atlético MAdrid, mais à l'ancienne."

D'où t'es venu l'idée de partir en Belgique ?

Tu crois vraiment que je me suis dit, tiens, ça serait cool d'aller jouer en Belgique. Non, pas du tout. J'ai su au mois de Mars que le club de Courtrai m'avait beaucoup suivi ces dernières années et qu'ils étaient intéressés pour me recruter. J'avais vraiment envie de sortir de la Ligue 2 et un départ à l'étranger me tentait vraiment.


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Sérieusement, tu connaissais le KV Courtrai ?

Non, je ne connaissais pas ... pas du tout.


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Peux-tu nous parler de l'ambiance dans les tribunes du Stade des Éperons d'Or, le stade de Courtrai ?

Alors là, c'est le pied ! A Courtrai, il y a la tribune derrière le but, environ 2000 supporters debout, et quand ils chantent, c'est beau ! Après, le stade est un peu ancien, je te cache pas que c'est pas le plus beau de Belgique mais il y a une vraie passion avec le public. Quand on gagne, on va chanter avec la tribune, c'est sympa. Et puis, à l'extérieur, comme les déplacements sont courts, il y a pas mal de supporters présents.



Quel est le nom du tout premier stade dans lequel tu as évolué ?

C'était le stade de mon village, à Pérols. (Hérault, ndlr) Ça ce sont de bons souvenirs. Entraînement à 16h mais la moitié de l'équipe arrivait une heure avant. Moi j'arrivais 2 heures avant et puis je partais une heure après. Quand tu es gamin tu restes des heures sur le terrain. Tu ne vois pas passer le temps. Heureusement que le soleil se couche sinon je ne sais pas combien de temps on pourrait rester sur ces foutus terrains.

La dernière que j'ai joué sur ce terrain, c'était un Montpellier-Nîmes, en 18 ans Nationaux. Victoire ! Evidemment. 2/1 ! Deux buts de Ladislas Douniama à Geoffrey Jourdren. (rires) Dans ma génération, on perdait jamais contre Montpellier.


Te souviens-tu de ton tout premier but en Pro ?

Et comment que je m'en souviens ! Mon premier avec l'équipe première de Nîmes, j'avais 19 ans. Corner, tête, et but ! En plus, le score final était de 1/0, à Sète !! En terre héraultaise, c'est pas banal ça. J'avais gagné mon ticket pour le match suivant.


Le premier maillot que tu as acheté ou que l'on t'a offert ?

Un maillot que je garde en mémoire, c'est un maillot de mon oncle, un découpeur .... pas de citrons, un vrai défenseur, à l'ancienne, un adepte du carton. C'était un maillot de Coupe de France de Pérols, rouge et blanc, un peu le même que celui de l'Atlético Madrid, mais à l'ancienne. La dernière fois que je l'ai porté, c'était pour la détection à Nîmes, un de ces moments qui fait basculer ta carrière, ou pas.


Avec ta première paye, t'as offert un resto à tes potes ou tu t'es acheté un écran plat ?

C'était 3000€, magnifique à 20 ans ! Je m'étais dit que j'irai m'acheter quelques fringues parce qu'à l'époque ma garde robe craignait. Mais finalement je me suis blessé peu avant et j'ai dû me faire opérer à Bordeaux. T'imagines, le jour de ma première paye professionnelle, j'étais à l'hôpital. Du coup, je n'avais rien à fêter alors j'ai finalement mis de l'argent de côté.


Après une victoire, pour récupérer, t'es plutôt du genre à boire un litre d'eau, ou un litre de Kro ?

Je suis plutôt du genre à m'adapter à la situation d'après match, mais bizarrement, je me retrouve toujours autour de quelques bières. Faut voir les coéquipiers avec qui j'ai joué aussi. (rires)

 

T'es plutôt merguez/frites ou saucisson/beurre ?

Saucisson/Beurre.


Niveau chaussures, t'es plutôt 16-18 en alu ou crampons moulés ?

Je suis plutôt crampons moulés.


Jouer en Pro à Nîmes alors que tu es né et formé à Montpellier, c'est la honte un peu ?

Un peu, la vie peut être cruelle parfois ! C'est pour des pour des potes à moi que c'est le plus difficile. Ils ne pouvaient pas dire qu'ils supportaient Nîmes, mais en même temps ils ne pouvaient pas ne pas supporter Nîmes. C'est dur ça.

Bon, après je n'y ai passé que 3 saisons en fait, entre 11 et 14 ans, c'est juste une partie de ma formation, ne nous emballons pas non plus. (rires)
Regarde René Girard, vrai gardois pur sang. Pourtant il a donné un titre au MHSC, tu crois qu'il a honte Girard !?

Mon fils est né à Nîmes, j'espère qu'il jouera à Montpellier ! (rires) Plus sérieusement, mon club c'est Nîmes, il m'a tellement apporté. Mais ma ville c'est Montpellier, j'adore cette ville.


Quel est l'Homme qui a marqué ta carrière ?

Je réfléchis, je réfléchis, mais personne en particuliers.


Quel est ton meilleur souvenir sur un terrain de football ?

A Nîmes, il y en a des souvenirs, de sacrés moments de folie. Les deux montées en Ligue 2. La première c'était contre Laval en 2007/2008 je crois, et l'autre c'était contre le Poirée-Sur-Vie en 2011/2012. Ça reste quand même dans mes meilleurs moments. Je regarde les images parfois, ça me donne les frissons.



Quel est le stade le plus moche dans lequel tu aies évolué ?

J'ai joué deux saisons en National, alors j'en connais des stades moches ! Comme ça, je dirais Villemomble. Les supporters nîmois qui avaient fait le déplacement doivent s'en souvenir. Je crois que de là où ils étaient ils ne voyaient pas le ballon.


Et le plus beau ?

En Ligue 1, le Parc des Princes. Magnifique et mythique. En Ligue 2, le Stade Bollaert. J'ai failli y signer à deux reprises, ça reste un regret pour moi de ne pas avoir joué là-bas.
J'ai joué dans la plupart des nouveaux stades aussi, et c'est vrai qu'ils sont bien, Lille, Le Havre ... Mais je trouve que les stades se ressemblent tous maintenant, alors i les dirigeants de clubs lisent "Le Football Vrai", faites un effort s'il vous plait.
(rires)

 

Quel est le joueur qui représente, pour toi, #LeFootballVrai ?

Ce qui fait le Football Vrai, c'est une certaine diversité, et toi tu me demandes de citer un seul joueur ... dur ... mais je vais citer Zidane. La classe, efficacité, le s titres, et  puis c'es un emblème. Le mec te ferait croire en Dieu le plus cartésiens des cartésiens.
J'aime beaucoup Zanetti aussi ... Ok, on s'en fout mais je l'aime bien quand même.


Quel est le maillot qui représente, pour toi, #LeFootballVrai ?

Franchement, je ne sais pas, mais regardez les chroniques de Roustan sur L'Equipe, il a toujours une joli avec une belle anecdote à nous présenter.


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Quel est le club qui représente, pour toi, #LeFootballVrai ?

Le Bayern Munich. Pour le football vrai, mais moderne.


Quel est l'entraîneur qui représente, pour toi, #LeFootballVrai ?

Aujourd'hui, il y a un sacré duel Mourinho-Guardiola quand même. 
Sinon, Alex Ferguson, c'était le meilleur, mais c'était plus qu'un entraîneur. 


Quelle est la compétition qui représente, pour toi, #LeFootballVrai ?

La Coupe de la Ligue ... Non je déconne !! La Ligue des Champions !! Qui peut répondre autre chose (90 des gars déjà interrogés m'ont répondu La Coupe de France, ndlr) Par contre pas la Coupe du Monde, l'esprit patriotique ou je sais pas quoi là ...


Si je te dis "Le football Vrai", ça t'inspire quoi ?

Oh putain ! Le remake du BAC Philo mais dans mon domaine ... Tu as le temps j'espère.
Il y a Le Football Vrai, sur le terrain, la technique, la tactique, le mental. Il y a une vraie culture en Italie, en Espagne, les supporters connaissent bien tout ça. Ils se regardent des émissions de trois heures où ça parle d'une passe ou d'un schéma tactique.

Après tu as Le Football Vrai en dehors du terrain, les supporters, l'ambiance au stade. Quand tu vois un mec supporter son équipe dans toutes les conditions, peu importe le résultat, peu importe le niveau ou la division. Quand tu es sur le terrain, et que tu perds 3/0, et tu les entends chanter, tu as envie de chialer. On voit beaucoup ça en Belgique, c'est énorme.

Et puis, il y a le Football en dehors du terrain. Et c'est qu'il est ce qu'il est. Tu apprends tous les jours à vivre avec 20-30 joueurs, tu dois te défoncer les uns pour les autres, en jouant avec 10 nationalités ou 4 religions différentes, et ça c'est énorme dans le Monde dans lequel on vit.

Bref, le Football Vrai, c'est le partage et la diversité.


Propos recueillis par Petit Pont Moulon

 

 

Crédits : kvk.be


 
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