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20/10/2014

Le CA Bastia se déplace au Stade Bauer du Red Star.

Le Championnat du National permet parfois d’assister à des rencontres solides, quelques fois éparpillées, mais très souvent intéressantes.
Le match Red Star – CA Bastia peut en être l’exemple type.
Cette semaine nous pencherons notre regard vrai sur l’envers du décor, le tout illustré par un des protagonistes.
Renaud Ripart, prêté par le Nîmes Olympique au CA Bastia, nous servira de reporter pour essayer d’imaginer à quoi ressemble un déplacement dans ce que l’on peut appeler, l’antichambre de la Ligue 2. Entre photos et récits téléphoniques, ambiance.

Comme pour quasiment tous les déplacements du CAB, le transport s’effectue en avion, faute d’isolement insulaire ; la Corse ne peut pas avoir que des avantages non plus. 

Hier, un bus a néanmoins permis aux joueurs de rejoindre le numéro 92 de la Rue du Docteur Bauer, à St Ouen, et le Stade du Red Star qui porte le nom de ce médecin.

 

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Bien avant tout ça, dans l’après-midi, les joueurs ont pu déjeuner après la traditionnelle promenade matinale. "Oui c'est assez classique. Petit promenade, repas, sieste et collation. Et puis, c'est départ pour le stade."

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Les joueurs et le staff bastiais ont ensuite regagné leur bus pour tenter de se frayer un chemin dans le douloureux périphérique parisien. Une attente idéale pour rentrer dans le match, c'est d'ailleurs à ce moment que je perd tout contact avec Renaud Ripart ...

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Arrivés au Stade Bauer, l’attaquant du club corse et ses coéquipiers foulent la pelouse afin d'en humer les moindres recoins.

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Malheureusement, tout cela sera insuffisant pour arriver à bout d'un Red Star méritant et qui fera plier le CA Bastia, 2/0, avec notamment un but de David Bellion, qui n'a visiblement rien perdu. "Tu sens que c'est un joueur qui a connu le haut niveau. Il est facile dans ce qu'il fait. Il est bien placé etc. Mais ce n'est pas celui qui m'a le plus marqué, en fait, il prend le ballon et il joue simple. Après il se déplace bien."

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Sur l'ensemble de la rencontre, le CAB était bien trop faible vendredi soir pour prétendre faire bouger le bloc mis en place par les hommes de Steve Marlet. Le résultat est logique. "Il n'y a pas photo !  Ils nous ont dominé. En plus on prend un but très tôt dans le match. On avait décidé d'être en bloc compact mais du coup pour nous c'était le pire scénario. Sur l'ensemble de la rencontre ils méritent plus la victoire que nous. On était peut-être mieux en deuxième mi-temps mais ça n'a pas suffit."

 


Nat_J10_Redstar-Bastia_17102014 par REDSTARFC

 

Petit Pont Moulon pour Le Football Vrai

 

Crédits : Renaud Ripart / www.redstar.fr

11/10/2014

Olaf (Capo des MNK96) : "Les meilleurs déplacements ce sont les derbys"

Notre Tour de France des « Capos » de groupes de supporters continuent avec cette semaine Christophe Vaucelle, plus connu sous le surnom de « Olaf », qui n’est autre que le leader des MNK96, à Caen. Olaf sort le mégaphone chaque semaine dans les tribunes de Ligue 1 et avec l’aide du Malherbe Normandie Kop, il enflamme à sa manière le Stade Michel D’Ornano de Caen, notamment, et ce depuis plus de 20 ans.

 

 

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Comment es-tu devenu « Capo » des MNK96 ?

Alors déjà moi j’ai commencé avec un autre groupe qui existait avant, qui s’appelait les Gunners Caen. Le groupe avait été créé en 1991 dans l’ancien stade  Venoix. Je les avais rejoints en 1992. Et puis au fur à mesure j’ai commencé à m’investir sur les tifos par exemple. Et durant les années Gunners, voilà j’ai pris le mégaphone et puis c’était parti ! Ça a commencé ça, et ça fait donc une bonne vingtaine d’années.

 

Est-ce que tu te souviens de ta première fois ?

Oh non, j’avoue que … (rires) ça remonte à loin ! Avec les MNK96, je sais que c’était à d’Ornano, on y est arrivé début 1993 il me semble, mais après quel match c’était … On était encore en D1 je crois. On était 3 ou 4 à tourner. Ma première fois ça devait être en 1994 mais après le match j’avoue que je ne m’en rappelle plus.

 

Quelles sont les principales qualités d’un « Capo » ?

Déjà il faut être vraiment investi dans le groupe, et évidemment être un leader. Il faut avoir certaines qualités.  Moi j’ai toujours été actif par rapport au groupe depuis des années, donc forcément il y a une notoriété qui se respecte dans la Tribune que j’ai. Après, avec les années, je peux te dire qu’un bon « Capo » doit savoir lancer les bons chants au bon moment, en fonction du match, en fonction du parcage en face, ou si tu es toi-même dans le parcage etc …

 

Comment se passe une journée type ?

J’arrive au stade toujours de bonne heure avec les gars du groupe. On met tout en place dans la tribune et puis après, quand commence le match, on monte sur la passerelle et puis c’est parti. On commence avec les mégaphones. Généralement, à Caen, on tourne à 3 « Capos », en attendant d’avoir la sono. Après, du moment que tu as des responsabilités dans le groupe, il faut forcément tout mettre en place.

 

Qu’apporte un « Capo » dans  son baluchon ?

J’arrive avec mon maillot, je porte souvent le maillot rayé rouge et bleu. J’ai aussi le t-shirt de mon groupe, bien sûr. Alors, après,  je ne suis pas un Ultra, on est un groupe assez atypique dans le monde des tribunes. On a, en Normandie, une ambiance assez anglo-saxonne. On a cette mentalité. Après, voilà, moi je suis un Old School donc je viens avec mon écharpe et le maillot de club. Je viens au stade comme je suis, depuis près de 25 ans.

 

Qui choisit les chants et quand en introduisez-vous des nouveaux ?

A force d’être « Capo » on connaît un peu les chants à la mode. Donc on sait que les gens les connaissent bien  et qu’ils seront bien repris. Après, parfois ça m’est arrivé d’adapter un peu au niveau des paroles, des chants … Après il y a des gars qui disent « Tiens on pourrait ça » alors on les essais entre nous, soit au local, soit en dép’ dans un bus. Et puis si ça marche bien et ben on le fait. Après quand tu es dans le match, un bon « Capo » se doit d’avoir son répertoire en tête et puis doit faire en sorte que le chant dure longtemps. Et puis le but c’est aussi  de diversifier. Nous, nous ne nous considérons pas comme Ultras donc on se doit d’avoir des chants pas trop Ultras justement, sinon notre tribune ne s’y retrouverait pas. On a encore même des vieux chants que je lance régulièrement, et même les jeunes « Capos ». Parfois on chante même en anglais par rapport à notre culture.


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Te souviens-tu d’un match où le stade était en ébullition ?

Je vais mettre l’époque du Stade Venoix de côté. Depuis D’Ornano, et donc depuis 10 ans, puisqu’on a un club vraiment digne de ce nom depuis une dizaine d’années, quand on est remonté en Première Division en 2003/2004, on a eu des tribunes fantastiques, même face à des petits clubs de D2. Certainement, une des plus grosses ambiances, c’est notre demi-finale de Coupe de la Ligue, contre Monaco, et qu’on a gagné 3/1, en 2005. Là c’était vraiment quelque chose d’extraordinaire. A l’époque battre Monaco … et puis on savait qu’au bout c’était le Stade de France. Un Stade de France où c’était la première fois que le Stade Malherbe de Caen y allait pour jouer une Finale. Ce jour-là à D’Ornano, en tribune Luc Borrelli, il y avait vraiment un parfum de folie !! C’était assez extraordinaire.

 

Et à l’inverse, tu te souviens d’une fois où malgré ton expérience, il était difficile d’enflammer la tribune ?

Ouais ! On a connu ça … Fin des années 1990 et début des années 2000, on avait lutté 7 ans en seconde division, on avait même parfois lutté pour ne pas descendre en Troisième Division. Il y avait des matchs où c’était compliqué. T’es 50 derrière ta bâche, il n’y a personne qui veut venir avec toi, et parce que tu es 50 tout le monde te prend pour des beaufs. Mais c’est vrai que ces périodes étaient difficiles mais on a tenu bon et on a été récompensé de nos efforts quelques années plus tard. Heureusement qu’on a un bon noyau dans le groupe, et puis les autres supporters, parce qu’en Ligue 2 quand les matchs sont passés à 18h45. C’était dur aussi. Forcément plein de gens ne pouvaient pas venir au stade à cette heure-là. Et puis, il y a les hivers, les deux derniers hivers étaient très très rigoureux, il faisait très froid. Il y a donc eu plein de matchs où c’était dur, surtout quand tu as connu des tribunes pleines à craquer.

 

Te souviens d’un déplacement en particuliers ?

Pour beaucoup, les meilleurs déplacements sont les derbys. Au Havre, mais aussi à Rennes, on s’éclate, on remplit des parcages, tout le monde est motivé. Plusieurs fois dans les derbys on a pris un pied énorme parce que c’était génial. Un bon vieux derby ça n’a rien à voir avec les matchs classiques. Même là, on a reçu Paris et Marseille, c’est pas forcément pour nous les matchs de l’année.


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T’es plutôt Micro ou Mégaphone ?

On n’a toujours pas de sono. C’est en train de se conclure avec la Ville de Caen. On règle ça, au niveau des normes de sécurité, parce qu’en Normandie ils sont assez embêtants avec ça. Alors sinon, j’ai déjà eu l’occasion de faire des essais de Sono avec du matériel qu’on nous avait prêté et qui n’était pas forcement adapté. Du coup, je m’étais rendu compte que le micro c’est beaucoup mieux que le mégaphone, parce qu’on se rend compte rapidement que c’est mieux.
Après, un « Capo » et son mégaphone … ben l’un ne va pas sans l’autre. Même en ayant un micro je ne pourrai pas me passer de mon mégaphone. Je l’aurai quand même dans la main. C’est le prolongement du bras pour un « Capo ». Après, avec l’expérience, j’ai pris une grosse voix et quand l’ambiance ne me convient pas, je gueule un gros coup et tout le monde m’entend, mégaphone ou pas mégaphone.

 

L’apéro, avant ou après le match ?

Les deux mon Capitaine ! Ouais ben, quand les matchs sont le samedi c’est mieux. On se retrouve, on met tout en place en tribunes et puis une fois que c’est fait, avec tous les autres qui arrivent après, on se dit Bonjour en buvant l’apéro, et puis après on se retrouve au Local, je pense que c’est assez classique. Comme tout bon supporter. On n’a rien inventé. Le Foot et les supporteurs, de boire avant et après les matchs, c’est un grand classique pour nous aussi. Aimer le foot, c’est aimer le sport mais c’est aussi la convivialité, être avec les potes, c’est tout ça qu’on aime aussi. Comme dans la vie de tous les jours.

 

As-tu de bonnes relations avec les « Capos » des équipes adverses ?

Ben j’avoue que moi, n’étant pas trop dans la mentalité Ultra, ben j’en connais aucun en fait. Ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas mais bon, j’ai aussi d’autres trucs à faire à côté. Ce n’est pas que je ne veux pas en connaître. Les jours de matchs je suis toujours à droite à gauche pour faire ceci ou cela, veiller que tout se passe bien dans la tribune, après j’ai pas trop le temps d’aller dans les parcages, pour aller voir les supporters adverses. Si jamais un jour j’ai l’occasion de discuter avec « Capo »  je discuterai avec lui avec plaisir, aucun problème.

 

As-tu déjà tenté de dérober la bâche d’un groupe de supporteur adverse ?

Ah non. Comme je l’ai déjà dit, on n’est pas un groupe Ultra, ça ne fait pas parti de nos habitudes. Après de temps en temps, il faut bien que je canalise quelques gars, même si c’est bien ancré dans la mentalité de chez nous. C’est un truc qu’on n’a jamais fait, qu’on ne fera jamais. On s’en est déjà fait piquer par contre.

 

Justement, à l’inverse, as-tu déjà défendu la tienne ?

Ah oui, ça par contre, quand il faut le faire, je suis en première ligne, malheureusement. Mais on n’a pas créé le groupe pour ça. On est des supporteurs. On a tellement de gens différents, on a des gens qui viennent en famille, on a des retraités … donc on ne peut pas se permettre de mettre ces gens-là en danger. On ne vient pas au Malherbe Normandie Kop pour ça en tout cas, les gens le savent. Mais c’est vrai qu’on est un peu à part …

 

Quel joueur t’inspire #LeFootballVrai ?

C’est vrai que la majorité des clubs arrivent des joueurs qui restent fidèles au club. Nous on a Nicolas Seube, qui est là depuis 2001, et qui est devenu normand avec les années. C’est le pied d’encourager un joueur comme lui. Il donne toujours le meilleur de lui-même sur le terrain. Il aime vraiment le foot, et il a notre respect par rapport à ça.

 

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Quelle équipe t’inspire #LeFootballVrai ?

Je vais citer mon club, parce qu’on se bat beaucoup de temps. On a failli plonger, et on a réussi à remettre nos dirigeants dans le bon chemin parce qu’ils avaient tellement fait de conneries que les affluences se cassaient la gueule. On a bien travaillé en tribunes, les joueurs aussi, les médias, même parfois avec des politiques. On a gardé nos valeurs de foot et nous ne sommes pas tombés dans ce foot-bisness. On a réussi un gros combat et je pense que ça va durer encore quelques années.

Après pour parler d’un autre club que le mien, j’allais citer St Etienne, mais récemment j’ai vu une banderole des ‘Magics’ avec le maillot de coupe d’Europe à 120€, ça ne va pas du tout. Malheureusement, alors qu’on pense qu’un club comme St Etienne va être différent de Paris, de Marseille ou de Monaco, ben pas forcément et c’est un peu triste ; parce que Geoffroy-Guichard, par rapport à l’épopée des Verts depuis 40 ans, ça a un autre aspect que Paris ou Monaco, mais malheureusement c’est dur de ne pas se faire bouffer par le Foot-Bisness. Après je ne sais pas si tu es courant du truc, avec la création de l’Association Nationale des Supporters, on aura un peu plus de visibilité, pour revendiquer notre façon de voir le football, pour que ça reste le Football, ou que cela le redevienne pour ceux qui l’ont perdu.
Et puis peut-être ça prendra des années, mais aujourd’hui un journaliste nous demande de citer un club qui représente le Football Vrai, et ce qui serait bien c’est qu’un journaliste nous demande un jour d’en citer plusieurs.

 

Quel maillot t’inspire #LeFootballVrai ?

Pas facile comme question, je ne vais pas toute le temps citer mon club. (rires)  
Après, c’est celui que je porte et que je porte depuis 25 ans. Le maillot vrai c’est ce lui qui est porté fièrement par son supporter. On a beau avoir des rivalités, si je vois un supporter du Havre qui porte son maillot, je vais le respecter ; je ne l’aime pas parce que c’est comme ça mais je vais quand même le respecter parce qu’il porte le maillot de son club.


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Quel stade t’inspire #LeFootballVrai ?

Ouais, à Caen on a un bon stade de football. Mais bon sinon Geoffroy Guichard, même si j’ai du mal à me faire aux dernières modifications du stade. Mais ses deux tribunes, ça fait un stade de foot ! Quand tu rentres dedans il y a vraiment une ambiance que tu ne retrouves pas partout. Il fait vieux stade à l’anglaise … Par contre, à l’inverse, Gerland, la Beaujoire, j’ai du mal …

 

Propos recueillis par Petit Pont Moulon

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Un grand merci à l’équipe de We Are Malherbe qui a contribué à la mise en place de cet entretien.

 

crédits : allomatch.com / Christophe Vaucelle

 

 

 

 

 

 

27/09/2014

Le Football Vrai, ça se joue aussi dans les tribunes. 1ère étape à Toulouse

Paul Cometto est un supporteur du Toulouse Football Club depuis toujours. Mais pas que …
Pendant quasiment 10 années, il a surtout été le « Capo » des « Indians » au Stadium de Toulouse.


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Alors comment se fait-il que tu ne sois plus « Capo » ?

Oui je ne le suis plus car je n’habite plus à Toulouse. J’ai arrêté même si de temps en temps je reviens. C’est plutôt le fait d’être parti travailler ailleurs qui m’a obligé à arrêter.

 

Est-ce que tu as un surnom ?

Non, tout le monde m’appelle Paul en fait, c’est aussi simple que ça.

 

Comment devient-on « Capo » ?

Oh, je ne sais pas. Pour ma part c’était en 2003. En fait c’est tout simple, le « Capo » ne pouvait pas être là, et on a commencé à proposer, pour savoir qui allait le faire. Le groupe n’était pas au Top à cette époque, ça se bousculait pas au portillon, et puis ça m’est plus ou moins tombé de dessus. On m’a demandé si je voulais le faire et j’ai dit OK. Je n’avais jamais réfléchi à ça. Et donc la 1ère fois je l‘ai fait sans trop y avoir pensé en fait.

 

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Peux-tu nous raconter ta première fois ?

La première fois c’était spécial d’ailleurs. Le virage était plein, on avait un gros bloc. Je me rappelle c’était un match contre Auxerre, et au bout de 20 minutes on perdait 3/0 à la maison. Autant te dire que tu sens le moment très très très long. T’es là, t’es devant tout le monde, les gens ne te connaissent pas. Moi j’avais 19 ans en plus, c’était assez compliqué oui.

 

Quelles sont les principales qualités que doit avoir un « Capo » ?

Il doit être légitime, à tous les niveaux. Il doit très bien connaître son club, son groupe et sa tribune, les moindres détails. Il doit avoir toute légitimité pour demander aux gens de suivre son groupe, et même aux gens du groupe de le suivre à lui. Après, voilà, il doit être au taquet tout le temps. Même si tu perds 4/0 il doit avoir quelque chose à dire, il ne doit pas baisser la tête et se ranger. Que ce soit positif ou négatif vis-à-vis du club, des joueurs ou de l’environnement c’est à lui d’être présent et de mener le groupe.

 

Quelle est la journée type d’un « Capo » ?

Il n’y a pas vraiment de journée type. Tu t’occupes des tifos. Après pour la journée type ça dépend des matchs aussi. Mais globalement, ce qui est sûr c’est qu’il faut arriver dans les premiers. Un « Capo » ne peut pas se permettre  d’arriver 5 minutes avant le coup d’envoi. Il faut avoir un œil un peu tout ce quoi se passe, sur son groupe.


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Après le match, grosso modo, je vais te dire des banalités mais c’est pareil. Le « Capo » ne va pas partir tout de suite, c’est lui et le noyau dur du groupe qui vont rester jusqu’à la fin. Il y a du matos à plier, à ranger. Tu en profites pour discuter, pour prendre le pouls de tout ce qu’il s’est passé. Tu vas boire un coup, tu finis au local, enfin bref … c’est presque comme une journée de travail.

Il y a un gros Avant et un gros Après.

 

Qu’apporte un « Capo » dans son baluchon ?

Son mégaphone ou  un micro, sinon il est à poil. Ou alors t’as intérêt à avoir la voix qui porte. Il lui faut son écharpe et c’est tout. Faut savoir voyager léger surtout pour aller à l’extérieur.

 

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Justement, tu es plutôt micro ou mégaphone ?

Moi je préfère le micro c’est clair. Après, le problème des mégaphones c’est, qu’est-ce qu’on en pète ! C’est incroyable, c’est vachement sensible surtout en déplacement. Le micro c’est beaucoup plus agréable parce que déjà on peut parler en étant plus audible. On est plus libre, ça pèse moins etc. La vraie différence entre un micro et un méga c’est qu’au micro tu te fais vraiment entendre dans toute la tribune. Et puis, si tu veux raconter une connerie c’est le truc parfait.

 

Qui choisit les chants ?

Ben le « Capo ». De toute façon il n’a pas le temps de demander l’avis aux autres. Il faut être extrêmement réactif, il ne faut pas qu’il y ait de blanc, et après les gens peuvent te demander des chants qu’on n’a pas fait. Mais globalement c’est à lui connaître par cœur. Il faut savoir répondre à chaque besoin. Tous les chants ne peuvent pas se substituer. Il y en a beaucoup qui doivent pouvoir répondre à un fait de match, un corner, une faute, si t’es mené, si le virage s’essouffle et qu’il chante de moins en moins fort. Voilà, le « Capo » doit être capable de varier ses chants en fonction de tout ça.

 

Comment cela se passe si le « Capo » ou le groupe de supporteurs décident de créer un nouveau chant ?

Le mieux c’est toujours de l’avertir avant mais il m’est déjà arrivé dans le passé d’en lancer un simple, comme ça, sans prévenir personne, et si tu y crois vraiment normalement ça marche. Si le truc est pertinent est que tu y crois à fond, les mecs vont te suivre !

 

Est-ce que tu te souviens d’un match où le stade était en ébullition ?

Oui, même plusieurs. Celui qui est vraiment important c’est le Toulouse-Bordeaux de 2007, dernière journée de championnat, on gagne 3/1 et on va en Ligue des Champions.

 

Et à l’inverse, tu te souviens d’un match où en lançant un chant tu as fait un gros bide ?

Non, à part le premier match où c’était vraiment difficile de passer 1h10 menés 3/0 devant des mecs qui sont tous plus vieux que toi, essayer de les faire chanter et essayer d’avoir un peu d’assurance, ça c’était pas facile. Ça, c’était vraiment une torture.

 

Tu te souviens d’un déplacement en particuliers ?

Celui qui a été vraiment cool pour nous c’est le déplacement à Liverpool. On était 600/700 toulousains en tout, notre groupe on était 150. Ça a été un grand moment de n’importe quoi pendant 3 jours. Et là-bas, on a quand même aligné Mohamed Fofana, Nicolas Dieuze et Pantxi Siriex sur le terrain. Bon, on a pris 4/0. En fait, on n’en avait rien à foutre puisqu’on savait qu’on allait y passer donc, ça ne changeait rien pour nous, les supporteurs. On était venus à Liverpool pour kiffer, pour retourner le truc. On avait chanté à bloc du début à la fin et en fait les mecs de Liverpool ils avaient halluciné. On a eu une standing ovation des deux tribunes à côté de nous à la fin du match. Les mecs ils nous balançaient des écharpes. C’était chaud !


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As-tu déjà tenté de voler la bâche d’un groupe rival de l’équipe adverse ?

Personnellement non, mais effectivement ce sont des choses qui se font.

 

Et au contraire tu as déjà lutté pour défendre la tienne ?

Pas dans un stade …

 

Est-ce qu’en général les « Capos » d’équipes différentes ont de bonnes relations ?

Théoriquement, la plupart des leaders de groupes se côtoient, parce qu’à chaque fois qu’il y eu des mouvements nationaux sur des questions de droit des supporteurs, ou des revendications plus larges, on a tous été amené à se côtoyer et à travailler ensemble. Moi j’ai toujours eu de bons rapports. Je connais des mecs un peu partout, c’est pas un problème, on se comprend assez rapidement.

 

L’apéro, avant ou après le match ?

Avant c’était avant. Maintenant … Le truc c’est qu’on se prend des contrôles d’alcoolémie avant l’entrée au Stadium à Toulouse. (Les groupes de supporteurs, nldr) Les mecs sont traqués par la Police et ils les font souffler dans le ballon. Récemment on a eu un cas chez nous. Un mec est passé à 0.6g et il a pris 10 mois d’interdiction de stade, avec obligation de pointer  tous les week-ends au commissariat. Donc j’ai envie de te dire que l’apéro c’était un peu plus après. Mais c’est super pénible. C’est pas parce que tu le faisais avant que tu arrivais minable, surtout quand tu es « Capo »,  c’est surtout quand c’est convivial que c’était cool. Là on est traqué comme pas possible donc c’est surtout après. Pendant ça déjà été le cas mais c’est beaucoup plus rare.

Après si les mecs sont complètement ivres, je pourrais comprendre mais là ça a été mis en place pour faire en sorte que certains groupes de supporteurs soient moins nombreux. Pouvoir faire du chiffre. Je suis désolé mais pour un mec qui fait  juste l’apéro, c’est déconné.

 

Quel joueur représente pour toi #LeFootballVrai ?

Nicolas Dieuze, clairement. A Toulouse, toujours. Et puis là avec l’histoire de Luzenac, plus que jamais j’ai envie de te dire. C’est quelqu’un d’intelligent, un mec sympa, un mec honnête, impliqué, tu sens qu’il a l’amour du maillot, bref tu sens que c’est un bon gars.

 

Quel Stade représente pour toi #LeFootballVrai ?

La Bombonnera. Tout en étant un monument du foot, tout en étant esthétique, ça reste un espèce de bordel monstre. Quelque chose qui est resté vrai.


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Quel Maillot représente pour toi #LeFootballVrai ?

Un bon maillot violet et blanc. Pas un maillot noir et rose (rires) ou gris et mauve. Non, un bon violet et blanc, simple, parfait.

 

Quel équipe représente pour toi #LeFootballVrai ?

Ah ben le Téfécé forcément. On a repris notre couronne le week-end dernier du Roi du ventre mou. On est bien, on est au milieu. Non pour moi, c’est vrai en plus, parce que quand tu es à Toulouse, que tu es toulousain et que tu supportes le Téfécé, tu fais un choix qui est presque culturel. Supporter le Téfécé c’est vraiment que tu as vraiemnt la vraie passion du foot. Le côté social autour du foot aussi. Le TFC c’est un trcu que tu partages. Tu ne peux pas le vivre tout seul dans ton coin. Et pour moi c’est bien ça qui est important.

 

 

Propos recueillis par Petit Pont Moulon

 

Crédits : alleztfc.com / Paul Cometto

 
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