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29/11/2014

05 Avril 1994 : La dernière victoire des Verts face à Lyon dans le Chaudron. « PUTAIN 20 ANS ! »

Le Contexte


Maillot « Casino » d’un côté, tunique estampillée « Justin Bridou » de l’autre. A l’époque les équipes du Football français savaient s’équiper.

Nous sommes le 05 Avril 1994 et, 20 ans plus tard, les Verts se souviennent de ce match comme étant la dernière victoire des leurs dans leur Chaudron, face à l'ennemi lyonnais.

A cette époque, le club de St Etienne n’est pas au mieux de sa forme.
En effet, après un début de saison chaotique, le public de Geoffroy Guichard affiche presque un désamour pour son équipe, pas tellement en corrélation avec les valeurs de la maison stéphanoise. Les choix du nouveau manager général, Jean-Michel Larqué, sont contestés et les supporters ne comprennent pas, par exemple, pourquoi Robin Huc est préféré dans les buts à un certain Joseph-Antoine Bell. 
Pour l’anecdote, ce soir-là, le portier camerounais disputera son dernier match dans le Chaudron, le dernier de sa carrière, avant de partir aux Etats-Unis, pour participer à la Coupe du Monde.

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Cette édition 1993/1994 de Division 1 est également la saison où Sylvain Kastendeuch, véritable joueur emblématique du côté de l’ASSE, subit en quelques sortes l’arrivée de Laurent Blanc, ce qui entraînera quelques mois plus tard, après quelques piges avec la réserve stéphanoise, le départ du natif d’Hayange pour le Téfécé. On comprend donc évidemment le désarroi des supporters face à de tels choix des dirigeants.

Lors de cette soirée d’avril 1994, moins de 20.000 spectateurs sont présents dans les tribunes, preuve d’une certaine ambiance glaciale entre les joueurs et leurs supporters avant ce derby. Symbole de la tension dans le Forez, Etienne Mendy. Régulièrement conspué par son public, l’attaquant français est devenu peu à peu la tête de turc du public des Verts. Il trouvera le moyen de se faire aimer à la suite de cette rencontre.

 

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Le Match 

 

Les débats furent arbitrés par Marc Batta, aujourd'hui Directeur National de l’arbitrage au sein de la FFF.

 

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Une rencontre qui fut, notamment en 1ère période, vouée au jeu lyonnais et qui laissait présager le pire pour les Hommes de Jacques Santini.
Pourtant, peu à peu, ce seront les lyonnais qui ne profiteront pas des occasions et qui laisseront donc passer leur chance. 
La deuxième mi-temps tournera finalement à l'avantage des stéphanois, grâce à beaucoup d'opportunisme, qui, en 25 minutes, aura eu raison de la défense des coéquipiers de Pascal Olmeta.

Tout d'abord c'est Pascal Despeyroux, sur un service de l'intenable Etienne Mendy, à la suite d'un slalom dans les 18 mètres lyonnais, qui ouvre la marque. Explosion de Geoffroy Guichard malgré le faible nombre de supporters.

S'en suivent deux contres qui finiront de mettre à terre les coéquipiers de Maxence Flachez.
Mendy, encore lui, est à l'origine et à la finition du premier. Sur le deuxième contre, Mendy n'est seulement qu'à la fin de l'action, mais cela suffira pour conclure un des ses meilleurs matchs sous le maillot vert, et donner une victoire à des supporters qui attendent maintenant depuis 20 ans de dominer le Lyon.

 

 

 

Ils y étaient


On vous le disait un peu plus haut, les tribunes de Geoffroy Guichard étaient guère remplies ce 05 avril 1994. Au milieu des écharpes vertes, Gérald (@gegerlm ), déjà un fidèle supporter, se rappelle de cette folle soirée :

"Cette époque c’est un peu le début des ennuis pour nous. Il y avait une énorme tension entre les dirigeants et les supporters.
Et bizarrement j’ai le souvenir d’une ambiance énorme. La ville était concernée. Le KOP  Nord était plein, mais c’est vrai que les tribunes étaient parsemées.
Faut dire qu’à l’époque rien n’était aseptisé. C’était le feu, dans les tribunes mais surtout sur le terrain. Maintenant on a les l’impression que c’est un match banal pour les joueurs. Même en coulisses, on les sent moins concernés.
Avant, les dirigeants s’envoyaient des piques deux mois avant au moins.

 

Moi c’était un de mes premiers derbys, je devais avoir 17 ou 18 ans. A l’époque, Lyon montait un peu quand même, et nous on n’était pas loin de se casser la figure.
Je me souviens de l’implication de Despeyroux et surtout du match de Mendy. Homme du match. Deux buts !  L’impression qu’il avait choisi son match. Le meilleur qu’il ait pu faire avec le maillot vert."

 

 

Dans le parcage des Gones, 3000 lyonnais présents avec le sentiment que le match allait être une formalité, tant l'équipe de St Etienne semblait à la dérive.
Parmi eux, Lucien, plus connu sur les réseaux sociaux sous le pseudo de @LyonnaisGourmet , se souvient de ce déplacement comme si c'était hier :

« Je me souviens avec beaucoup de douleur de ce derby du 6 avril 1994. Vingt ans après, la tristesse reste intacte.

Le match avait lieu en semaine ce qui est rare dans l’Histoire de ce match. On avait à Lyon une belle équipe, qui envoyait du jeu, avec Gava, Maurice, Amoros, Roy et les autres. 
En face, Saint Etienne était en mauvaise posture. Beaucoup de problèmes entre les dirigeants et dans l’effectif. Bref, on y allait assez confiant. Nous étions environ 3000 Gones à rejoindre Saint Etienne, ce qui était assez bas pour l'époque. C’était tellement différent d’aujourd’hui. Le trajet en bus avec place incluse était à 60 francs (environ 9 euros). Mais on  pouvait aussi y aller en famille, ou entre potes, et juste prendre une gâche sèche en tribune visiteur, tout en évitant de se retrouver nez à nez avec des gars du Forez.

Dès que tu passais dans la Loire, sur l’autoroute, tu voyais, aux fenêtres, des gens de tous âges qui t’insultaient ou te montraient, par le majeur, leur hostilité. Le trajet était déjà épique. A l’arrivée, tous les fans lyonnais étaient parqués derrière le kop nord stéphanois. Alors, on se saluait copieusement, mais virilement.

Le match ? L’OL a donné une leçon de football pendant une heure. Je me demande encore comment on n’a pas pu planter plusieurs pions. On était largement au-dessus. Même dans les tribunes. Le « meilleur public de France » avait laissé Geoffroy Guichard presque vide. Y’avait environ 12 ou 13 000 fans de Saint Etienne face à 3000 Lyonnais.

L’ambiance était quand même assez délétère et violente. Et la sécurité était quasiment absente. Je me souviens qu’Olmeta avait reçu des projectiles dans tous les sens, y compris des paires de ciseaux. 

Dans les 30 dernières minutes, l’OL a craqué sur les trois seules occasions des verts. Pire que tout, on a pris un but de Despeyroux (qui avait chambré l’OL, l’année précédente, devant les caméras de Canal Plus) et un doublé de Mendy (qui était hué dans son propre stade). A ce moment-là, tu n’as que tes yeux pour pleurer. Et tu maudis, un court moment, d’être devenu fan d’un club. Mais c’est aussi là-dessus que tu construis ton identité de supporter.

A la fin du match, Joseph Antoine Bell, qui disputait sa dernière rencontre, a fait un tour d’honneur. J’ai revu ça dans les livres mais je ne m’en souvenais même plus. J’étais alors dans un état second, extrêmement triste. Autour de moi, dans le parcage, le chaos. Pas un gone ne parlait, pas mal de grands et costauds garçons avaient la larme à l’œil et le retour en bus s’est réalisé dans un silence digne d’obsèques.

Franchement, si ce jour-là on m’avait demandé de choisir entre ne plus jamais perdre un derby dans le Forez ou devenir Champion de France, j’aurais peut être hésité. Par chance, et avec talent, on a fait les deux avec l’OL. Allez les petits, allez les gones ! »



Déjà, à l'époque, personne n'était d'accord dans les deux camps, le match de dimanche risque d'être explosif, espérons-le. 

 

 

Petit Pont Moulon

 

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Crédits : Le Progrès 

 

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