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25/10/2014

Bastia - Monaco, 20 ans plus tôt, c'était un vrai bordel.

Aujourd’hui, Bastia reçoit Monaco, un match quasiment quelconque quand on connait les ambitions bastiaises et celles revues à la baisse du côté de la Principauté.
Une semaine après le match tumultueux qui s’est terminé en eau de boudin à Nice, (envahissement de terrain des supporters des Aiglons, à la suite de la sortie de drapeau corse par Jean-Louis Leca qui a "gêné" les tribunes niçoises), les Bastiais accueillent l’AS Monaco.

Comme un symbole,  il y a quasiment 20 ans,  le 26 novembre 1994, Bastia et Monaco s’étaient affrontés dans une ambiance très particulière.

Cette saison-là, les supporters bastiais, qui retrouvent la Division 1 après avoir passé presque 10 saisons en D2, vont particulièrement se faire remarquer. Face à une équipe de costauds monégasques, le peuple corse, bien aidé par l’arbitre de la rencontre, va tout faire pour mettre en ébullition le Stade Armand Cesari. Il va y parvenir.

Avant la rencontre, un tract tourne aux abords du stade afin de motiver les troupes qui se posteront dans les tribunes. (« Ne nous laissons plus marcher sur les pieds par ces équipes venus de Gaule … « )

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D’un côté, Valencony, Moracchinni et Drobjnak. De l’autre, Blondeau, Di Méco ou encore Puel. Il y a déjà comme de l’électricité dans l’air, bien avant le début du match.

Dès la deuxième minute, Thuram calme les ardeurs et ouvre le score à la suite d’un corner monégasque. Le problème, c’est qu’il n’y avait apparemment pas corner.  Ce qui va d’amblé mettre le feu aux poudres et provoquer la colère des supporters qui eux, ont tout vu, bien évidemment.

L’arbitre de la rencontre, Mr Antoine De Pandis, qui, pour vous mettre doucement dans l'ambiance, déclarera à la fin du match « J’ai cru que j’allais mourir », perd peu à peu les pédales et une dizaine de minutes plus tard, il accorde un penalty fort litigieux qui finira de rendre fou de rage les joueurs et les supporters corses. Ziani sauve un ballon de la main, ce même ballon contrôlé auparavant par Madar de l’extrémité de son bras.
Valencony ne tient plus en place. Nous jouons la 13ème minute et la chaleur des insultes balaie déjà la pelouse malgré la fraîcheur d’un mois de novembre.

Monaco mène donc 2 à 0. Nous approchons de la mi-temps et nouvel incident. Casanova est taclé indiscutablement dans la surface mais parvient néanmoins à transmettre le ballon à Drobnjak. Le monténégrin réduit la marque mais l’arbitre de touche signale un hors-jeu logique. Logique, si l’arbitre central revient à la précédente faute sur l’attaquant corse, mais cela ne sera jamais le cas.
Peine perdue. Le mal est fait.

Projectiles, insultes, les supporters empoignent les grillages et grimpent, un après l’autre. Certains commencent à envahir la pelouse, avec le sentiment d’avoir été volés. C’est le début d’un immense bordel, digne d’un match de District.

 

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L’arbitre décide d’arrêter le match, ce qui n’est pas du tout du goût des joueurs du Sporting. Mr De Pandis, complètement dépassé, s’empare du ballon du match, et s’enfuit en courant vers son vestiaire. Peut-être la seule chose à ne pas faire. Si un sanglier te voit, mieux vaut ne pas bouger me disait mon oncle chasseur. C’est certainement le tort qu’aura eu Monsieur l’arbitre, qui, telle une proie est poursuivie par une vague de bastiais, mais aussi par des membres de la sécurité de Furiani. Un pétage de plomb en règle.

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Les joueurs sont désormais regroupés à l’entrée du tunnel menant aux préfabriqués qui servaient à l’époque de vestiaires. C’est l’anarchie la plus totale. Claude Puel et Eric Di Méco, notamment, en feront les frais, Di Méco aura le nez fracturé.

 

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Le match est donc arrêté, mais l’arbitre, sous la pression populaire, fait recommencer le match pour les 3 minutes restantes, avant de siffler la vraie mi-temps.
D’après certains dires, des joueurs de Monaco aurait été encore une fois malmené à l’intérieur du tunnel. Emmanuel Petit ne reviendra pas des vestiaires, visiblement choqué. Mais vous savez ce qu’on dit ; tout ce qui se passe dans le tunnel, reste dans le tunnel.

Une légende comptée à l'époque par Nice-Matin dira que la porte du vestiaire monégasque s’est tout à coup ouverte et qu’une personne a déposé un bouquet de fleurs avec l’inscription : « Bienvenue à la délégation princière. »

Dans les tribunes, le public ne cesse de chanter, à la gloire du Continent, si vous voyez ce que je veux dire. « C’est une des plus belles ambiances que j’ai connu ici » racontera un supporter, si nous mettons de côtés les incidents bien sûr.

Retour sur la pelouse pour une seconde période qui promet. Drôle d’ambiance pour les monégasques, quasiment obligés de rester dans leur camp, attendant avec une certaine impatience la fin du combat.
Mais les corses, derrière leur image de brutes, savent également manier le cuir et parviennent à réduire la marque par Casanova, intenable.

Inutile de dire que les monégasques ont peur. Dans une telle ambiance, eux, peu habitués au bruit émanant des tribunes, sont complètement retranchés attendant que leur prédateur leur lâche un peu la grappe. C’est mal connaître les corses, qui ne cesseront d’acculer leur proie rouge et blanche, sous la pression du peuple.
C’est presque logiquement que Bastia égalisera à 2 partout.

La fin du match est houleuse. Mr De Pandis, principal artisan de ce fiasco, se rappellera longtemps de cette soirée.

A la suite de l’ensemble de ces évènements, le club corse sera finalement sanctionné et perdra le match sur « Tapis Vert » 0/2 !!

Je pense que tous les monégasques présent ce soir-là à Furiani se souviendront de cette nuit de novembre 1994, où, malgré le caractère condamnable des actes, représente presque parfaitement ce que peut être l'ambiance « Le Football Vrai ». 

 


Bastia Monaco Saison 1994 - 1995 le film par Dume-solubastia

 

Petit Pont Moulon pour Le Football Vrai

 

20/10/2014

Le CA Bastia se déplace au Stade Bauer du Red Star.

Le Championnat du National permet parfois d’assister à des rencontres solides, quelques fois éparpillées, mais très souvent intéressantes.
Le match Red Star – CA Bastia peut en être l’exemple type.
Cette semaine nous pencherons notre regard vrai sur l’envers du décor, le tout illustré par un des protagonistes.
Renaud Ripart, prêté par le Nîmes Olympique au CA Bastia, nous servira de reporter pour essayer d’imaginer à quoi ressemble un déplacement dans ce que l’on peut appeler, l’antichambre de la Ligue 2. Entre photos et récits téléphoniques, ambiance.

Comme pour quasiment tous les déplacements du CAB, le transport s’effectue en avion, faute d’isolement insulaire ; la Corse ne peut pas avoir que des avantages non plus. 

Hier, un bus a néanmoins permis aux joueurs de rejoindre le numéro 92 de la Rue du Docteur Bauer, à St Ouen, et le Stade du Red Star qui porte le nom de ce médecin.

 

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Bien avant tout ça, dans l’après-midi, les joueurs ont pu déjeuner après la traditionnelle promenade matinale. "Oui c'est assez classique. Petit promenade, repas, sieste et collation. Et puis, c'est départ pour le stade."

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Les joueurs et le staff bastiais ont ensuite regagné leur bus pour tenter de se frayer un chemin dans le douloureux périphérique parisien. Une attente idéale pour rentrer dans le match, c'est d'ailleurs à ce moment que je perd tout contact avec Renaud Ripart ...

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Arrivés au Stade Bauer, l’attaquant du club corse et ses coéquipiers foulent la pelouse afin d'en humer les moindres recoins.

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Malheureusement, tout cela sera insuffisant pour arriver à bout d'un Red Star méritant et qui fera plier le CA Bastia, 2/0, avec notamment un but de David Bellion, qui n'a visiblement rien perdu. "Tu sens que c'est un joueur qui a connu le haut niveau. Il est facile dans ce qu'il fait. Il est bien placé etc. Mais ce n'est pas celui qui m'a le plus marqué, en fait, il prend le ballon et il joue simple. Après il se déplace bien."

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Sur l'ensemble de la rencontre, le CAB était bien trop faible vendredi soir pour prétendre faire bouger le bloc mis en place par les hommes de Steve Marlet. Le résultat est logique. "Il n'y a pas photo !  Ils nous ont dominé. En plus on prend un but très tôt dans le match. On avait décidé d'être en bloc compact mais du coup pour nous c'était le pire scénario. Sur l'ensemble de la rencontre ils méritent plus la victoire que nous. On était peut-être mieux en deuxième mi-temps mais ça n'a pas suffit."

 


Nat_J10_Redstar-Bastia_17102014 par REDSTARFC

 

Petit Pont Moulon pour Le Football Vrai

 

Crédits : Renaud Ripart / www.redstar.fr

14/10/2014

Stella, joints et shorts de bain, bienvenue dans le foot corpo

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Samedi matin, armé de quelques canettes de Stella, je me rends Porte de Montreuil avec deux acolytes, pour y voir jouer la SNECMA. Equipe qui sévit en Île-de-France au niveau Corpo. Nous les avons suivis pendant leur match face au Global Paris FC. Images, citations et situations ubuesques sont venues couronner ce début de week-end ensoleillé. Voyage au cœur d’un football totalement décontracté et décomplexé. 

 

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Chez la SNECMA, on privilégie le bon goût en arborant un maillot vert de marque Umbro qui n’était autre que l’équipementier de Guy Georges durant son procès. De plus, le match se joue dans l’est-parisien.

 

Plus bel hommage ne pouvait être rendu à ce grand serial killer. Pour cet avant match, les clopes et les gorgées de bières fournies par nos soins sont de sortie. Un des joueurs ose nous lâcher un: «Elle est trop chaude ta bière, va te faire enculer». On constate ici la fameuse exigence du haut niveau. 

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La rencontre débute avec un quart d’heure de retard et le Global Paris FC démarre celle-ci à 10, ce qui n’a pas eu l’air d’interloquer les joueurs de la SNECMA.

 

Au coup d’envoi, le spectacle a lieu au bord du terrain puisque c’est un remplaçant du GPFC qui tient le drapeau. Le garçon a un profil pour le moins atypique et tient dans sa main une «cigarette qui fait rire».

 

L’odeur champêtre en atteste.

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Côté terrain, le GPFC aurait dû bénéficier d’un penalty mais l’arbitre a cru à une simulation.

 

Pourtant il est difficile de vouloir se jeter sur un terrain à la texture mi-synthétique, mi-sableuse.

 

Si ce n’est pour vouloir se retrouver en arrêt maladie la semaine suivante. La SNECMA ouvre le score mais se fait rapidement rejoindre suite à ce mouvement plein de fluidité.


 

Derrière, le GPFC déroule pour mener 3-1 à la pause. Et cela a le don de passablement énerver le défenseur central de la SNECMA, Rémy dit «La Feuille», rapport à sa maigreur maladive.


 

La seconde période vit les verts sombrer et finalement être défaits 6-2. Pas grand-chose à dire, le GPFC était supérieur. Le score et le contenu du match semblent anecdotiques tant un joueur a crevé l’écran.

 

Il s’agit de l’ailier droit du GPFC, entré après la pause et qui a arboré un short de bain. Peut-être avait-il l’intention de tracer direct à L’Aquaboulevard après le match. 


 

Cette allusion au célèbre parc aquatique fait partie des nombreuses perles récoltées au bord du terrain. Voici les plus percutantes:

 

«On est que 10, le 11e arrive, Monsieur l’arbitre». Le fameux 11e du Global Paris FC rentrera à la 5e minute.

 

« Jean-Charles, dis à l’arbitre qu’il y a pas d’arbitre de touche». Ça sent le match bien organisé.

 

«Tu m’as trop mal côtoyé, tu m’as pas dit bonjour» reproche un membre du GPFC à un adversaire. La politesse c’est primordial dans le football.

 

«La SNECMA c’est le Barça, mais faut pas qu’ils s’emmerdent avec le Tiki Taka»

 

«Les gars c’est un match de Coupe?? Beh faites vous plaisir». L’entraîneur joueur du GPFC n’a que très peu étudié le calendrier de la saison. 

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Suite à une boulette de gardien a résonné un «Hey Thomas Price!!» ou encore «il est plus Manuel que Neuer».


Celui de la SNECMA s’est quant à lui vu donner le surnom de «Jourdren du périf».


Après les derniers remparts, c’est l’arbitre qui en a pris pour son grade.

 

«Il est tellement loin de l’action que sur Google Map, il est Porte de Bagnolet.»

 

«Oh l’arbitre, t’es venu prendre tes 20 balles et tu te casses. Enlevez-lui 8 euros de sa paye à la fin du match.»

 

« Tu vois ses gestes, on dirait qu’il fait la circulation ». 

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Nous terminerons cette matinée en faisant un petit coucou aux deux policiers à cheval qui ont arpenté les abords du stade… 


 

Stade dont les douches sont guère recommandables.

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Mais il est recommandable et recommandé d’aller voir les matches amateurs le week-end. Quand tout ça se déroule dans une ambiance de camaraderie et de franche rigolade, il n’y a rien de mieux.


Vu le spectacle offert, à l’avenir, je préférerai sacrifier mon samedi matin pour aller mater ce genre de football, plutôt que de perdre mon samedi soir à me taper un multiplex de L1 soporifique.

 

Guy Truite

 

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16:33 Publié dans Blog, Sport | Tags : le, football, vrai, corpo, snecma | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

 
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